Premiers pas avec Chrome, le navigateur Internet de Google

Philippe Berry, à Los Angeles

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La page de démarage de Google Chrome affiche vos sites les plus visités
La page de démarage de Google Chrome affiche vos sites les plus visités — DR

Il est donc là. Après l’excitation générée par la bande dessinée explicative hier, Chrome, le navigateur Internet version Google, est disponible en version beta.

Ca se télécharge ici
–pour Windows seulement pour l’instant

Pendant ma pause déj’ (pacific time), et avant de suivre la convention républicaine, j’ai pu m’amuser un peu avec. Premières impressions.

 

 

Les bons points

Déjà, l’installation est rapide –quelques secondes tout au plus. Chrome importe ensuite différents paramètres de mon Firefox (favoris, historique…)  et c’est parti.

 

Google nous l’a fait épure maximum: out menus, boutons multiples, champ de recherche, favoris… Le roi, c’est l’onglet. Les onglets occupent en effet tout le haut d’écran, avec un design qui donne l’impression d’avoir un classeur d’écolier, avec ses intercalaires du 21e siècle. Comme dans FireFox (et d’autres), on peut les déplacer à loisir en les glissant –avec toute la fenêtre transparente qui suit. C’est fluide et c’est joli.

 

La home de Chrome affiche donc les sites qu’on visite le plus souvent, en miniatures, les rendant accessibles en un clic (on peut aussi le configurer pour lui imposer d’ouvrir plusieurs pages au démarrage). Ca s’oppose un peu à la philosophie d’avoir un portail type NetVibes ou iGoogle. A voir.

 

L’omnibox à tout faire. Il n’y a donc qu’un seul champ pour taper les adresses et ses recherches –Firefox 3 le propose déjà. Mais l’omnibox est intelligente: visitez amazon.com une première fois, et la suivante, Chrome détecte que le site abrite un moteur de recherche et vous pouvez directement (en tapant le début de l’adresse, puis en appuyant sur la touche Tab) effectuer une recherche pour acheter un bouquin ou un dvd.  

 

Navigation ultra rapide. Même avec une quinzaine d’onglets ouverts, tout reste fluide. Mais surtout, la vitesse d’affichage semble enterrer Firefox (il faudrait comparer avec le dernier Safari). Peut-être est-ce dû au moteur javascript --construit de toute pièce pour Chrome-- mais même des applications lourdes comme Yahoo mail (version ajax) sont ultra réactives (classer 1000 mails par objet ou date se fait quasi instantanément).

 

Prêt à l’emploi. Pas besoin de télécharger moult plugins flash ou shockwave, tout se fait à l’installation, caché. YouTube marche très bien, tout comme ce petit jeu de ping-pong sur lequel je viens de perdre 10min.

 

Un processus par onglet. Sans rentrer dans les détails trop techniques, Chrome crée donc un processus pour chaque onglet. Cela signifie donc que si l’un des onglets crash, vous ne perdez pas les autres et votre souris ne volera plus dans la pièce. A noter que Chrome n’a pas planté, mais mon Windows XP, si. Au redémarrage, il a proposé (comme le font les autres) de rouvrir les pages précédentes.

 

Incognito. Chrome propose donc un mode «pas vu, pas pris» bien foutu, qui ne s’applique qu’à l’onglet choisi, et pas à tous. Il suffit de le créer avec le raccourci CTRL+SHIFT+N c’est parti pour… euh, organiser une surprise party pour l'anniversaire de votre copine sans laisser une seule trace (cookies, historique etc). Ca marche aussi pour des choses moins recommandables.

 

Prévention. Si vous visitez un site plein de scripts malveillants (type astalavista.box.sk, l’ancêtre des sites de pirates en herbe), Chrome le bloque et vous avertit que ce n’est peut-être pas une bonne idée.

 

Les mauvais (ou moins bons) points

 

Gourmand. Les processus multiples, c’est bien, mais pas vraiment économe. Une dizaine d’onglets ouverts sous FireFox utilisent –sur ma machine--  environ 130 Mo de mémoire vive. Chrome, près de deux fois plus.

 

Pas de pop-up killer intégré (ou sinon je ne l’ai pas trouvé). En revanche les fenêtres indésirables ne s’affichent pas en grand mais juste la barre de titre. Il faudra quand lui ajouter une Google ou Yahoo bar a priori.

 

Gestion des favoris. Google ne s’est pas foulé et organiser/trier ses bookmarks prend un temps fou.

 

Pas encore de plugins. Forcément, il vient de sortir. Mais nul doute que ce qui a fait le succès de Firefox s’appliquera aussi à Chrome: étant open source, tous les développeurs en herbe vont pouvoir ajouter des fonctionnalités au fur et à mesure (faire une recherche en sélectionnant des mots dans la page et en les «glissant», naviguer en dessinant des directions à la souris etc).

 

La gestion de Gears, elle est où? Gears, c’est cet outil de Google permettant notamment d’accéder à des contenus online en étant offline (sa boite gmail, son calendrier, Google Doc, Myspace). Si Chrome intègre le plugin par défaut, je n’ai jamais eu le message disant «ce site veut utiliser gears, voulez vous l’autoriser». Et vous? Sinon, ça va surêment venir très vite.

 

 

Conclusion

Il ne s’agit que d’une version beta, mais Google frappe donc très fort. Tellement que certains ont peur: à quelques jours de son 10e anniversaire, ce 2 septembre marquera-t-il le jour où Google est devenu aussi maléfique que Microsoft? Comme expliqué ici ou , l’ambition de Google n’est pas de s’attaquer à Internet Explorer ou Firefox, mais à Windows lui-même: Chrome, connecté à toute la galaxie d’application Google devient une sorte de «système d’exploitation» de votre bureau. Couplé à Gears et à un linux minimal pour gérer le matériel et hop, Windows à la poubelle. Ou pas.

 

Avez-vous testé Chrome? Convaincu ou effrayé?