VIDEO. Hausse du carburant: #SansMoiLe17 se mobilise contre les #GiletsJaunes

RESEAUX SOCIAUX Les internautes sont de plus en plus nombreux à affirmer que le blocage du 17 novembre pour dénoncer la hausse du carburant se fera « sans eux »…

Hakima Bounemoura

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Des automobilistes patientent pour faire le plein devant une station-essence à Paris
Des automobilistes patientent pour faire le plein devant une station-essence à Paris — MATTHIEU ALEXANDRE AFP
  • Les #GiletsJaunes ne sont pas les seuls à se mobiliser sur les réseaux sociaux.
  • Un militant LREM a lancé le 26 octobre le hashtag #SansMoiLe17 pour dénoncer « une instrumentalisation politique » du mouvement.
  • #SansMoiLe17 rassemble aujourd’hui une coalition très hétéroclite de citoyens, défenseurs de l’environnement.

« Je bloquerais kedal le 17 novembre. On fonce dans le mur les gars »… Les #GiletsJaunes ne sont pas les seuls à se mobiliser sur les réseaux sociaux. Depuis quelques jours, la contre-offensive s’organise sur Internet. Un mouvement anti-blocage, opposé au rassemblement du 17 novembre contre la hausse du prix des carburants, semble émerger sur la toile. Cette contre-mobilisation a été relayée sur Twitter avec le hashtag #SansMoiLe17.

« Non je ne participerai pas au blocage du 17 novembre contre la hausse des carburants récupéré par l’extrême droite ! #SansMoiLe17 », ont ainsi tweeté de très nombreux internautes ces derniers jours. Le cabinet Linkfluence, expert français de l’écoute sur les réseaux sociaux, estime ainsi que #SansMoiLe17 a été dix fois plus utilisé que #GiletsJaunes, mais quatre fois moins que #17Novembre, le principal hashtag qui a émergé autour de l’appel au blocage du pays.

  • Des militants LREM et soutiens d’Emmanuel Macron

C’est Loïc Branchereau, militant LREM de Strasbourg qui a eu l’idée de lancer le hashtag #SansMoiLe17, le 26 octobre dernier. Contacté par 20 Minutes, il a expliqué « avoir été interpellé par la récupération politique faite par l’extrême droite ». « Le but était de dénoncer les contre-vérités et les manipulations autour de ce mouvement, qui aujourd’hui ressemble plus à une mobilisation anti-Macron qu’à une mobilisation citoyenne », explique le militant, chargé de communication pour LREM dans le Bas-Rhin.

« Je peux comprendre la colère de certaines personnes qui ont du mal à s’en sortir avec la hausse du prix du gazole, je le vis à titre personnel. Maintenant, on ne peut pas vouloir faire de l’écologie sans en assumer les conséquences, explique Loïc Branchereau. Si on veut être écolo, il faut sortir de l’économie carbonée. Et très honnêtement, il y a bien d’autres combats qui méritent plus qu’on se mobilise ».

Un argument repris par de nombreux internautes, dont beaucoup affichent dans leur bio Twitter leur proximité avec LREM. Les autres comptes Twitter les plus « influenceurs » mentionnant ce hashtag, @TeamMacronPR et @SocDemMarche notamment, sont eux aussi identifiés comme des pro-Macron.

  • Des défenseurs de l’environnement

Initié par des militants d’En Marche, #SansMoiLe17 rassemble aujourd’hui une coalition plus large et très hétéroclite de citoyens sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas la clim ou le chauffage qu’il y a dans les voitures qui vont aider le climat à s’améliorer ! 55 % des personnes allant au travail font un trajet moins de 10 km et juste 3 % se déplacent en vélo », fait remarquer Romuald Priol, un Lyonnais qui a partagé #SansMoiLe17 et qui se définit lui-même comme écolo sur Twitter.

Sur Facebook, l’astrophysicien français Aurélien Barrau, à l’initiative avec Juliette Binoche de l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète paru en septembre dans Le Monde, a également partagé l’image « Non, je ne participerai pas au mouvement de blocage » du 17 novembre. « C’est très bien que le prix de l’essence augmente ! Je suis pour : moins de bagnoles, moins de pollution, moins d’individualisme », écrit-il pour expliquer sa prise de position.

Mais le coup de gueule le plus emblématique, c’est celui d’Anthony Hamon. Ce père de famille, originaire de Tours, a publié sur Facebook le 1er novembre un post devenu viral qui a été partagé plus de 100.000 fois. « Quand je scrolle sur Facebook et que je vois une personne qui crève la dalle au Yémen ou un article de WWF qui dit qu’il y a 60 % des espèces animales qui sont en train de disparaître, je pense que c’est pour cela qu’on a besoin de se bouger avant de se bouger pour l’essence », explique Anthony Hamon, qui en conclut : « Non. Je bloquerais kedal le 17 novembre. Et oui. Je m’en branle de payer mon essence plus cher ».