HDR : Ce qui se cache vraiment derrière cette norme TV à laquelle on ne comprend rien

TELEVISION HDR, HDR10, HDR 10+, Dolby Vision… de nouveaux logos scotchés sur les écrans des téléviseurs interpellent dans les rayons. Vous non plus, vous n’y comprenez rien ? Pour zapper le flou artistique, «20 Minutes» passe au décodeur ces acronymes…

Christophe Séfrin

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La série 8000 de Philips, compatible HDR10+.
La série 8000 de Philips, compatible HDR10+. — TP VISION
  • De nouvelles normes de qualité d’image se développent sur les téléviseurs.
  • A travers elles, c’est le HDR (High Dynamic Range) qui se décline sous différentes formes.
  • «20 Minutes» décode les nouveaux logos qui fleurissent sur les écrans plats.

« C’est compliqué, comme toujours, quand il y a de nouvelles normes », remarque Marc Langevin. Le directeur général de Philips TV France se veut pourtant rassurant à propos du HDR : « L’idée est d’avoir les images les plus précises possible, avec des noirs le plus noir possible et des blancs le plus lumineux possible. » Vous envisagez de  changer de téléviseur ? 20 Minutes vous aide à y voir plus clair !

Apparu auprès des particuliers avec les premiers Blu-Ray en ultra-haute définition, le High Dynamic Range n’a pas cessé de creuser son sillon. En photographie, cette fonctionnalité permet notamment, grâce à la combinaison de deux images (l’une plus exposée, l’autre moins), d’obtenir une photo lumineuse avec des couleurs plus nuancées. En vidéo, le principe est un peu différent. « Le HDR est une énorme avancée en termes de qualité d’image. Elle apporte des plus hauts niveaux de luminosité et une plus grande richesse de couleurs », détaille Agnès Vaffier, chef de produit LG TV France. A une condition, néanmoins : que les contenus aient bien été tournés en HDR et qu’ils soient diffusés sur un téléviseur compatible, avec du matériel (box, lecteur, câbles) également compatibles. Mais derrière les trois lettres HDR se cachent quelques subtilités. Terme générique, le HDR a ainsi fait des petits, le HDR10 et le HDR10 +.

Le HDR10 la base, dès l’entrée de gamme

Il s’agit de la technologie open source actuellement la plus communément répandue. Dite « statique », elle applique les mêmes réglages sur l’ensemble d’un contenu vidéo. Ainsi, le HDR10 va tenter de trouver le bon compromis durant toute la durée d’un film ou d’un jeu vidéo pour rendre les noirs plus noirs et les blancs… plus blancs. Bémol, le petit inconvénient du HDR10 est que s’il renforce les noirs (en fait, il assombrit la luminosité de l'image), les images lumineuses risquent d’être un peu « bouchées ». Et conséquence si le HDR10 prend le parti au contraire de jouer sur la lumière, on risque d’avoir des images saturées ! La plage dynamique (soit l’écart entre le point le plus sombre et le plus lumineux) reste donc constante.

Netflix propose de nombreux contenus en HDR.
Netflix propose de nombreux contenus en HDR. - NETFLIX

 

« Le HDR10 utilise un système de calibration fait une seule fois, qui va rester au même niveau quelle que soit la scène », confirme Marc Langevin chez Philips France. « C’est le format le plus classique, la base, présent sur tous nos téléviseurs à partir des modèles 4K d’entrée de gamme », précise Agnès Vaffier chez LG. On trouve des contenus HDR10 en Blu-ray, en jeux vidéo, sur Netflix ou Amazon Prime Vidéo.

Le HDR10 + : une calibration image par image

Pour compenser les faiblesses inhérentes au HDR10, le HDR 10 +, lui, indique en temps réel au téléviseur la dynamique maximale de l'image affichée. A l'ui de l'interpréter au mieux dans ses réglages dynamiques. Chaque scène va ainsi bénéficier d’un traitement particulier automatisé. « Il y a ainsi une calibration dynamique au fur et à mesure du changement des scènes, avec un traitement tantôt plus porté sur les noirs, tantôt davantage sur les blancs. Il y a un gain qualitatif, c’est plus précis », décrypte le directeur général de Philips TV France.

Mais là encore, les contenus vidéos doivent aussi être HD R10 +. Philips, Panasonic et Samsung sont des ardents défenseurs du H DR10 +. En face, un autre camp milite pour une technologie se voulant encore meilleure…

Le Dolby Vis on : le HDR en dentelles

Poussé par LG, Sony et Samsung, le Dolby Vision se veut le nec plus ultra en matière de traitement vidéo. Son principe ? Le même qu’avec le HDR10 +, sauf qu’une vidéo en Dolby Vision bénéficie d’un traitement pour ainsi dire VIP.

« Un film en Dolby Vision suppose un mastering particulier pour intégrer aux images des métadonnées dynamiques », explique Agnès Vaffier, chef de produit LG TV. A la différence du HDR10 +, tout contenu Dolby Vision nécessite ainsi une intervention humaine plan par plan dans un laboratoire. Conséquence : contrairement aux formats HDR10 et HDR10 +, cette techno est payante pour les constructeurs. Avec elle, on parlera de film HDR en Dolby Vision.

Le Dolby Vision expliqué par l'image.
Le Dolby Vision expliqué par l'image. - DOLBY

 

On ne la voit encore arriver que sur des téléviseurs premium, comme la gamme Super UHD de LG (à partir de 1200 euros) ou des modèles Sony, comme AF8. Suppose-t-elle un surcoût pour le consommateur ? « L’idée est de rester compétitif même sur nos produits haut de gamme », répond-on évasivement… chez LG… En attendant, les contenus Dolby Vision se multiplient : sur  Netflix, comme avec la série Perdus dans l’espace, mais aussi en VOD chez  Rakuten TVBlade Runner 2049, Passengers…).

Le téléviseur OLED55C8 de LG est Dolby Vision.
Le téléviseur OLED55C8 de LG est Dolby Vision. - LG

 

Sans doute le profane ne verra-t-il que peu de différences entre les images HDR ou Dolby Vision et les classiques images SDR (Standard Dynamic Range) auxquelles nous sommes tous habitués. Le fan de cinéma à la maison à l’œil aiguisé, lui, risque d’être comblé. En attendant, les contenus se multiplient. Et déjà, un nouveau format se pointe à portée de télécommande, le HLG (Hybrid Low Gamma). Plus compressé, le HLG, testé par France Télévision durant Roland Garros et utilisé pour la Coupe du Monde de football (sur BeIn Sport 4K), sera de plus en plus utilisé par les chaînes de télévision pour diffuser du contenu à la qualité visuelle encore améliorée.