Cannes: Dans les coulisses de Thales Alenia Space, où la construction des satellites bascule dans le futur

ESPACE Le leader européen de la construction d’engins spatiaux investit dans des joujous high-tech…

Fabien Binacchi

— 

Le robot Saphir est utilisé pour une mission d'extrême précision
Le robot Saphir est utilisé pour une mission d'extrême précision — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le siège social de Thales Alenia Space, à Cannes, s’équipe de nouveaux outils high-tech pour faire progresser sa chaîne de production.
  • Robots, réalité virtuelle et impression 3D viennent à la rescousse des ingénieurs, spécialistes dans la fabrication de satellites.

Inlassablement, il répète les mêmes manœuvres. Au dixième de millimètre près. Depuis quelques jours, les ouvriers cannois de Thales Alenia Space, leader européen de l’industrie spatiale, peuvent compter sur Saphir, un robot à 800.000 euros chargé d’une mission cruciale.

>> A lire aussi : A Cannes, le retour aux origines de Thomas Pesquet, face aux salariés de Thales Alenia Space

« Il prépare et installe 3.500 points de fixation dans chaque panneau structurel qui compose les satellites de télécommunications », indique Pascal Gaudin, chef du projet.

Augmenter les cadences et développer de nouveaux engins

Un satellite conçu pat Thales Alenia Space

Un travail d’extrême précision, sans droit à l’erreur, assuré aujourd’hui par cet outil high-tech. Un parmi d’autres. Car le site, qui fêtera ses 90 ans en 2019, s’est engagé dans un virage digital à grande échelle :  son «usine 4.0».

« En 2018, nous aurons un second robot qui pourra également mettre en place les petits miroirs qui régulent la température des satellites », précise aussi ce responsable.

>> A lire aussi : Exomars, des salles blanches cannoises de Thales Alenia Space... jusqu'à la planète rouge

But de ces investissements : augmenter la cadence de production, bien sûr, mais aussi faciliter le développement de nouveaux appareils.

Réalité virtuelle et impression 3D

Au-dessus des salles blanches, à l’étage du projet « Stratobus », c’est la réalité virtuelle qui vient à la rescousse des ingénieurs. Pour ce dirigeable stratosphérique, dont le premier exemplaire est attendu pour 2021, les travaux de recherche se font, pour beaucoup, à travers des lunettes 3D.

Le projet Stratobus est en phase de développement
Le projet Stratobus est en phase de développement - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Elles nous montrent cet appareil qui mesurera 115 m de long et 34 m de diamètre, présente Yannick Combet, chef du projet Stratobus. Ça nous permet d’avancer en attendant la création d’un prototype. » Histoire de sécuriser le projet en attendant les premières commandes.

Thales Alenia Space a aussi embarqué dans le vaisseau de l’impression 3D.​ Depuis 2011 en fait. Quelque 1.050 pièces créées grâce à ce procédé, pour les satellites de la constellation Iriduim Next, volent déjà au-dessus de nos têtes.