Sophie Montel écartée, le Front national se déchire sur le Web

POLITIQUE De YouTube à Twitter, plusieurs cadres et militants frontistes ont affiché leur soutien à la future ex-présidente du groupe FN en Bourgogne-Franche-Comté…

Olivier Philippe-Viela
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Sophie Montel, ici lors d'un meeting à Dijon.
Sophie Montel, ici lors d'un meeting à Dijon. — TARDIVON JEAN CHRISTOPHE/SIPA

Psychodrame en ligne chez les frontistes. Le cas de Sophie Montel devrait être réglé jeudi prochain, le 7 septembre, avec la venue à Dijon de Nicolas Bay, secrétaire général du parti, pour officialiser son éviction de la présidence du groupe Front national dans la région Bourgogne-Franche-Comté, rapporte L’Est républicain.

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Proche de Florian Philippot, Sophie Montel était depuis l’élection présidentielle un symbole de la lutte au sein du FN entre l’énarque et Louis Aliot, entre la vision souverainiste de l’ancien chevènementiste et la ligne plus droitière du compagnon de Marine Le Pen. Le 30 juin, 16 des 24 élus du groupe dans la région avaient voté pour son remplacement.

Défections frontistes en Bourgogne-Franche-Comté

Depuis samedi soir, plusieurs cadres et militants du parti volent à son secours sur les réseaux sociaux, terrains privilégiés par ses soutiens depuis le début de la polémique pour dénoncer une décision validée par Marine Le Pen elle-même. Dans cette histoire, les positions de chacun au sein du FN sont dévoilées à coup de tweets, retweets et vidéos tweetées.

La soirée puis la nuit de samedi à dimanche ont donc vu défiler un festival de marques d’estime envers Sophie Montel sur le réseau social. Le top départ a été donné par Julien Acard, conseiller municipal (à Besançon) et régional, dans une séquence de 10 minutes diffusée sur Twitter et YouTube. Ce trentenaire, candidat FN battu dans le Doubs lors des législatives 2017, y annonce son départ du parti, sans abandonner ses mandats locaux.

 

Julien Acard explique devant sa webcam les raisons de sa décision, « parce que Sophie est mon amie » et qu’elle « a contribué à la dédiabolisation du parti, elle est une des rares femmes crédibles a avoir apporté sa pierre à l’édifice ». Dans la foulée, plusieurs militants ont affiché leur soutien à celle qui est également députée européenne, comme ce monsieur qui découpe sa carte du Front national du fait de l’éviction de Sophie Montel. Justification : le parti « replonge vers ses vieux démons (sic) et s’éloigne du pouvoir ».

Il y a eu aussi, entre autres, ce tweet d’un conseiller régional FN ou celui d’un jeune militant.

L’indignation d’une partie des frontistes s’est même propagée jusqu’à certaines figures médiatiques du parti. Si Florian Philippot n’a pour le coup pas encore tweeté à ce sujet (mais il a été particulièrement actif pour défendre « son amie » depuis le début de la polémique), Franck de Lapersonne, co-fondateur des Patriotes, le mouvement présidé par Philippot, a lui aussi multiplié les tweets et retweets pour venir en aide à Sophie Montel, ainsi qu’à Julien Acard.

Contactés par 20 Minutes, Sophie Montel et plusieurs de ses soutiens n’ont pas souhaité réagir. Leur indignation est publiquement exprimée uniquement via les réseaux sociaux. Le signe de ralliement des pro-Montel ? L’affichage d’une photo d’eux en compagnie de l’euro-députée en bannière sur Twitter. Ce qu’ont fait par exemple Florian Philippot, Franck de Lapersonne et le conseiller régional Pascal Boche.

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La future ex-présidente du groupe FN en Bourgogne-Franche-Comté devrait être remplacée jeudi par Julien Odoul, conseiller régional, ce que l’intéressé a confirmé auprès de l’Est républicain.