Pourquoi est-ce si difficile (mais si bon) de faire une pause technologique pendant les vacances?

VACANCES Selon une étude, 27% des sondés reconnaissent avoir des difficultés à éteindre leurs écrans l’été. Une sociologue et les internautes ont donné leur avis sur le sujet à « 20 Minutes »…

Marie de Fournas

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Selon une étude allemande, les cadres supérieurs et les jeunes auraient plus de difficulté que les autres à faire une pause technologique pendant les vacances.
Selon une étude allemande, les cadres supérieurs et les jeunes auraient plus de difficulté que les autres à faire une pause technologique pendant les vacances. — Von Tuempling C/SUPERSTOCK/SIPA
  • Selon une étude, 27 % des Français sondés reconnaissent avoir des difficultés à éteindre leurs écrans pendant les vacances
  • Les internautes interrogés par 20 Minutes sont partagés sur la question. 
  • Pour la sociologue et professeur à l'ISC Paris Catherine Lejealle, rester sur son portable en vacances empêche de vivre pleinement l'instant présent. 

À la question lancée sur la page Facebook de 20 Minutes : « Arrivez-vous à faire une pause technologique pendant les vacances d’été ? », certains internautes sont catégoriques. « C’est mon compagnon de vie, est ce que je laisse tomber mes lunettes quand je suis en vacances ? », lance Asselpa en parlant de son portable. Entre les mails du boulot ou les photos de plage à absolument poster sur les réseaux pour narguer ses amis, il n’est pas toujours évidant de lâcher son portable  et son ordinateur pendant l’été.

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« Il est encore difficile d’accepter de déconnecter »

L’institut d’études Gfk s’est penché sur la capacité des habitants de 17 pays du globe à opérer une « pause technologique » durant leurs vacances. Les Français ne sont pas vraiment les champions de la déconnexion puisque 27 % des sondés reconnaissent avoir des difficultés à éteindre leurs écrans durant les congés estivaux. L’étude parue le 29 juin précise que les cadres supérieurs et les jeunes auraient plus du mal à déconnecter que les autres. Des statistiques que la sociologue sur l’usage des nouvelles technologies, Catherine Lejealle, explique sans difficulté.

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« Même si le droit à la déconnexion est entré en vigueur depuis le 1er janvier, il est encore difficile d’accepter de déconnecter. Le fait de recevoir des mails du boulot tous les jours permet à certains de se sentir estimé, important. Cela rassure, on ne se sent pas mis au placard ». Concernant la jeune génération, la raison de cette difficulté à déconnecter est tout autre. « On ne perçoit plus l’extase de ce que l’on vit seul, explique la professeur à ISC Paris. Il faut partager sur les réseaux sociaux ce que l’on fait. On attend un retour des autres par des likes ou des commentaires, qui rend ce que l’on vit encore plus exceptionnel ou génial ».

Un sentiment de liberté

Heureusement tout, le monde n’est pas dans cet état d’esprit. Toujours selon l’étude, 22 % des sondés français déclarent n’avoir aucune difficulté à faire une pause technologique lors des congés estivaux. Sur la page Facebook de 20 Minutes, ils sont une majorité à penser la même chose. Pour Ariel, c’est un « sentiment de liberté », qui fait « un bien fou », tandis que pour Muriel, cela permet de se désintoxiquer.

« Étymologiquement, le mot « vacances », vient de vacuité, qui signifie le vide. Se laisser l’occasion de ne rien faire, cela permet de se reconnecter à ses cinq sens, de laisser les penser venir. C’est aussi important d’être disponible ici et maintenant pour nos proches, pour faire des rencontres ou vivre de nouvelles expériences. Si on a les yeux rivés sur le portable, on ne dispose plus de cette disponibilité », explique Catherine Lejealle.

Changer son état d’esprit

Pour y parvenir, chacun a sa technique. Pour ceux cherchant une solution radicale, Hassiba suggère de « partir en randonnée sur plusieurs semaines sans accès à un réseau ou n’ayant pas de prises pour ne pas recharger ses appareils électroniques ». Pour ceux qui ont plus de mal, Manon propose, elle, d’activer sur le téléphone un mode permettant de filtrer les appels : « À partir d’une certaine heure, seuls mes proches enregistrés en favoris peuvent me joindre. Ainsi je peux me prendre ne serait-ce que des demi-journées avec zéro appel de clients. »

Quand aux accros des réseaux sociaux, la sociologue conseille de changer son état d’esprit et de profiter pleinement de l’instant sans attendre que les autres nous confirment qu’il est génial…