VIDEO. Le petit Omran, symbole du drame d’Alep, resurgit sur le Web

SYRIE L’enfant dont la photo a fait le tour du monde en août dernier, va beaucoup mieux…

D.B.

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Le petit Omran et son père en juin 2017.
Le petit Omran et son père en juin 2017. — Capture d'écran Facebook
  • La photo de l’enfant ensanglanté avait fait le tour du monde en août dernier.
  • Le petit vit avec sa famille à Alep Ouest.
  • Son père revendique sa fidélité à Bachar Al-Assad, mais sa parole est peut-être contrainte.

La photo de son visage abasourdi, recouvert de sang et de poussière, a fait le tour du monde. Le visage de cet enfant syrien de cinq ans avait bouleversé le Web en août dernier et le cliché du photographe Mahmoud Raslan avait été partagé par des millions d’internautes. Il était devenu l’emblème de la guerre qui se tramait à Alep entre les troupes de Bachar al-Assad et les insurgés. Lors du bombardement de sa maison, son frère avait été touché et n’avait d’ailleurs pas survécu à ses blessures.

Il pose avec son père et la journaliste

Mais dix mois plus tard, le petit Omran va bien, comme le montrent des photos postées récemment sur Facebook. L’enfant y apparait en bonne santé sur les genoux de son père, avec lequel il vit à Alep Ouest. Une bonne nouvelle. Mais la provenance de cette photo suscite la polémique. Car elle a été postée sur Facebook par la présentatrice Kinana Allouche, qui officie pour la chaîne de télévision pro-gouvernementale Al Mayadeen TV. La journaliste pose d’ailleurs avec l’enfant.

La journaliste Kinana Allouche avec le petit Omran.
La journaliste Kinana Allouche avec le petit Omran. - Capture d'écran Facebook

Dans une vidéo également postée sur sa page, on voit d’ailleurs la journaliste interroger le père d’Omran, qui déclare être resté fidèle à Bachar al-Assad. Il affirme aussi que les rebelles et les médias internationaux auraient utilisé la photo de son fils afin de nuire à l’image du régime syrien. Il explique avoir changé le prénom de son fils et sa coupe de cheveux pour le protéger des médias et des rebelles. Car il assure avoir été intimidé par ces derniers, qui lui auraient demandé de quitter la Syrie.

« Ceux qui ont tenté de faire couler le sang syrien ont fait croire qu’il avait été frappé par l’armée syrienne. Il vit aujourd’hui dans l’État syrien, avec son armée, son chef, et son peuple », affirme de son côté la journaliste sous les photos qu’elle a postées sur Facebook.

Reste à savoir si le père d’Omran était libre de ses propos lorsqu’il s’est exprimé ou s’il a été contraint de délivrer une telle version des événements par les émissaires du gouvernement syrien…