Quand les DVD n'ont plus la cote

Christophe Séfrin - ©2008 20 minutes

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C'est un vrai signal d'alarme que tire le Syndicat de l'édition vidéo numérique (SEVN) : les ventes de DVD ont chuté d'environ 10 % en 2007, baisse la plus forte jamais enregistrée. Même si les chiffres restent à affiner, « le secteur devrait avoir perdu 25 % de sa valeur en trois ans », précise Jean-Yves Mirski, le délégué général du SEVN. Inquiétant, d'autant qu'en Angleterre ou en Allemagne, les indicateurs resteraient au vert. A qui la faute ? « Le piratage [les Français en sont les champions européens], dont nous parlons depuis 2000, est l'une des raisons évidentes de cette baisse. »

Après les ravages dans le monde du disque (- 50 % de recettes en cinq ans, selon le Snep), la vidéo semble elle aussi payer sa dîme à l'ère de la dématérialisation. « Même si les gros films hollywoodiens dopent encore le marché, leurs ventes fondent aussi, avec un taux de transformation, soit le rapport entre les entrées en salle et les ventes en DVD, passant souvent de 25 % à 15 % », note un expert. « Les Spider-Man 3 et Pirates des Caraïbes 3 n'ont pas apporté une dynamique aussi forte que prévu ». Même les coffrets vidéo et les séries TV, qui avaient stimulé les ventes en 2006, font grise mine. Autre raison évoquée, les délais vidéo, qui contraignent les longs métrages à une sortie DVD six mois après leur sortie au cinéma, contre quatre mois en Europe. « Trop long », juge la profession. Ainsi, sorti en salle en juillet dernier, Die Hard 4 a dû attendre janvier 2008 pour arriver en rayon. « Les préconisations de la mission Olivennes, qui réduisent cette durée à quatre mois, doivent être mises en oeuvre rapidement », selon Jean-Yves Mirski. Problème, les discussions interprofessionnelles autour de ces questions risquent de s'éterniser et ne pas avoir d'effets concrets - si elles aboutissent - avant 2009.