Le tatouage, meilleure arme anti-piratage ?

Yaroslav Pigenet - ©2007 20 minutes

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Le tatouage et l'empreinte digitale plutôt que la chaîne et le boulet. Après les verrous numériques (DRM), les distributeurs de contenus audiovisuels se tournent désormais vers des solutions de protection moins restrictives, tout en permettant de mieux surveiller l'utilisateur et les oeuvres. Dans cet esprit, le rapport Olivennes préconise notamment « la vente en ligne de titres sans mesures techniques de protection ». Parallèlement, il recommande de « généraliser à court terme les techniques efficaces de reconnaissance de contenus et de filtrage ».

La plus aboutie de ces techniques alternatives est le tatouage numérique, appelé aussi « watermarking ». Ce procédé consiste à insérer dans un contenu audiovisuel des données d'identification totalement invisibles et inaudibles pour un être humain mais lisibles par une machine, même après avoir été copié et compressé. Selon Jean-Luc Moullet, vice-président du secteur solutions logicielles et technologiques chez Thomson, « l'utilisation du tatouage permet de responsabiliser l'utilisateur du contenu, qui s'expose à ce que son identité soit découverte en cas d'acte de piratage ». Mais il ajoute que « face au volume de fichiers échangés entre internautes, la mise en place d'un système de repérage et de filtrage automatisé des contenus sous copy­right paraît également indispensable ». Les distributeurs pourraient alors recourir à la technique des empreintes numériques ou fingerprinting. Là, il s'agit d'extraire automatiquement d'une oeuvre quelques caractéristiques - l'empreinte numérique - qui permettent de l'identifier de manière unique. « La technologie des empreintes numériques est au point », précise Jean-Luc Moullet. « Il faut maintenant convaincre les distributeurs de contenu », ajoute-t-il.