Facebook détrônera-t-il le porno sur l’Internet?

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Le régulateur mondial des noms de domaine sur internet (ICANN) a refusé d'autoriser le suffixe ".xxx" pour les sites pornographiques après les fortes protestations émanant d'opposants à un tel projet aux Etats-Unis et à l'étranger.
Le régulateur mondial des noms de domaine sur internet (ICANN) a refusé d'autoriser le suffixe ".xxx" pour les sites pornographiques après les fortes protestations émanant d'opposants à un tel projet aux Etats-Unis et à l'étranger. — AFP/Pressens Bild/Archives

Facebook est-il plus populaire que le porno sur l’Internet?
C’est ce qu’affirme cet article de «Time magazine». «C’est le choc: pour les internautes de 18 à 24 ans, la pornographie n’est pas numéro 1. En octobre 2005, les sites porno représentaient 16,9% du trafic sur le Web américain: aujourd’hui, ils ne font plus que 11,9%, soit une baisse de 33%», écrit le journaliste. Pendant ce temps, Facebook connaît une progression fulgurante avec, entre juin et juillet 2007, un essor de 270%. Selon Nicholas O'Neill, du site Allfacebook.com, un site non officiel sur Facebook, il y aura bientôt 50 millions d’inscrits sur le réseau social, «dont la moitié se connecte quotidiennement.» Chaque jour, le site engrange entre 200.000 et 250.000 nouvelles recrues.

Les 18-24 ans, premiers sur Facebook

Les 18-24 ans se connecteraient en premier lieu aux réseaux sociaux comme Facebook, en deuxième lieu aux moteurs de recherche, en troisième lieu à leurs mails, et en quatrième lieu aux sites de sexe. Alors que pour les internautes âgés de plus de 25 ans, la consultation des moteurs de recherche se classe au premier rang, juste devant la consultation de pornographie.

Pourtant, question notoriété, une petite recherche sur Google ne donne pas Facebook gagnant: en tapant «Facebook» dans le moteur, 202.000.000 résultats apparaissent, quand la même requête pour «sex» affiche 569.000.000 réponses.

L’industrie du porno sur le Net a une autre arme dans sa besace. Son chiffre d’affaires. D’après une enquête du quotidien néerlandais «Het Laatste Nieuws» publiée en mai dernier, 2.304 euros sont dépensés chaque seconde dans le monde pour l’achat de prestations à caractère pornographique, générant un chiffre d’affaire annuel de 38,6 milliards d’euros (en 2006). Un secteur, donc, qui ne connaît pas la crise. La preuve: 260 nouveaux sites de sexe se créent chaque jour sur la toile.

Facebook et les sites porno, des marchés publicitaires juteux
Si les inscrits de Facebook n’achètent pas autant que les consommateurs de sites de sexe, ils restent des cibles publicitaires de choix. D’ores et déjà, Facebook suscite l’appétit des plus grands acteurs du Net et, bientôt, des annonceurs. Microsoft vient d’y investir 170 millions d’euros. Une opération qui valorise Facebook à 15 milliards de dollars (10 milliards d’euros) et en fera un site incontournable pour les campagnes des grandes marques.