La télévision mobile veut concourir aux JO

Christophe Séfrin - ©2007 20 minutes

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On nous l'avait promise pour la Coupe du monde de rugby, elle n'émettra pas avant les JO de Pékin, l'été prochain. Léthargique depuis des mois car dépourvue de cadre législatif, la télévision mobile personnelle (TMP) voit enfin son écran se ranimer. Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, a signé cette semaine l'arrêté fixant sa norme technique : la DVB-H. Les futurs « mobispectateurs » pourront dont capter dans d'excellentes conditions jusqu'à vingt chaînes en numérique sur leur téléphone mobile ou un récepteur de voiture.

En Asie, la TMP est une réalité, avec par exemple un taux de pénétration de 10 % en Corée du Sud. Et tandis que 20 % des Asiatiques se disent intéressés de regarder la télévision sur leur mobile dans les douze prochains mois, selon l'institut Gartner, le pourcentage chute à 5 % chez les Européens. Malgré cela, en France, les constructeurs sont prêts à dégainer leur récepteur DVB-H, les consommateurs étant évidemment appelés à renouveler leur téléphone pour capter les chaînes mobiles. Lesquelles restent encore la grande inconnue du dossier, puisque le Conseil supérieur de l'audiovisuel ne lancera son appel à candidatures que fin octobre. Autre inconnue, le coût pour le spectateur. Selon différentes études, une facturation avoisinant 10 euros par mois, en plus de l'abonnement téléphonique, serait considérée comme acceptable. Mais la TMP pourrait aussi être gratuite. Evaluée à 500 millions de spectateurs dans le monde en 2011, elle pourrait, selon Christine Lagarde, constituer un réservoir de plusieurs dizaines de milliers d'emplois dans l'Hexagone. Reste à savoir comment les Français l'accueilleront. Lors de son lancement, seulement un tiers de la population sera couvert.