Entre l'élection présidentielle et les municipales, les blogs somnolent

INTERNET Phase de latence dans la blogosphère française...

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«Il y a une petite mort dans la blogosphère française en ce moment», dit Chryde, un journaliste-blogueur qui a lui-même mis la pédale douce depuis quelques mois sur son site. «C’est la grosse hécatombe», surenchérit Laurent Gloaguen, qui tient encore la barre sur le site Embruns et ce, depuis 2002. En effet, en cette fin d’été, nombre de blogs dits influents ferment leurs pages. Parmi eux, celui du sociologue Cyril Lemieux et celui de Jean-Louis Fabiani, sur la ville de Berlin, sans oublier celui d’éditeur Guy Birenbaum, hébergé sur la plate-forme de 20minutes.fr

Pourquoi cette fuite de cerveaux?

«Je pense qu'il faut savoir arrêter ce genre d'exercice quand il marche, afin d'éviter qu'il ne devienne une pâle copie de ce qu'il était. Je suis arrivé au bout de l'exercice», assure Guy Birenbaum.

La faute à la fin de l’effervescence autour de l’élection présidentielle? Pendant la campagne, l’audience des blogs parlant de politique a été multipliée par trois. Six mois après le 6 mai, c’est la décrue: les blogs politiques voient leur audience baisser (environ 30 % de pages vues en moins).

«C’est la déprime post-coïtale, explique Laurent Gloaguen. Les blogueurs qui se sont investi sur le web pendant l’élection présidentielle n’ont plus beaucoup de lecteurs ni beaucoup de commentaires car ils n’ont plus grand chose à dire sur ces sujets». Pas d'accord, répond Natasha Quester-Séméon du blog Mémoire Vive: «ce n'est pas parce que certains débrayent que les autres blogueurs sont morts»

Phase de transition avant les élections municipales

Pour autant, ce n'est pas la fin des blogs, selon la plupart des observateurs. Juste le renouvellement du cercle. «Aujourd’hui, plus personne ne se souvient de Pierre Carrion, qui avait pourtant un blog et une super notoriété en 2003», rappelle Laurent Gloagen. Depuis, des nouveaux sont arrivés, puis ont disparu à leur tour. En attendant les municipales de 2008, les blogueurs survivants s'en sortent en évoquant d'autres sujets que politiques, en développant les vidéos sur leur site et en testant les réseaux Facebook et Twitter, très à la mode en ce moment mais qui ne permettent pas de «développer une argumentation construite comme le permet l’outil de publication d’un blog», soutiennent en choeur les résistants du blog.