Once, la nouvelle appli de rencontres dont tout le monde va parler

HIGH-TECH L’application mobile prend le contrepied de Tinder et Happn et propose chaque jour à ses utilisateurs de découvrir un unique profil, sélectionné par ses « entremetteurs »…

Anaëlle Grondin

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Captures d'écran de l'application de rencontres Once.
Captures d'écran de l'application de rencontres Once. — Once

« Swiper » à droite ou à gauche pour trouver un partenaire, cela ne vous dit rien du tout ? Vous inscrire sur un site comme Match ou Meetic, vous trouvez ça trop cher et vieillot ? Le jeune entrepreneur Jean Meyer, que 20 Minutes a rencontré ce mois-ci, croit avoir trouvé la solution pour vous inciter à vous lancer dans la recherche de l’âme sœur en ligne. Le Français de 33 ans a créé Once, une application de dating d’un nouveau genre, déjà lancée aux Etats-Unis et qui vient d’arriver dans l’Hexagone.

Le concept ? Vous remplissez rapidement un profil avec des photos de vous et l’application vous envoie quotidiennement à midi une notification pour vous présenter votre « tête à tête » du jour. Vous avez ainsi accès au profil et photos d’une unique personne pendant 24 heures. Si la personne présentée vous plaît, vous pouvez le lui faire savoir sur l’application. Si vous lui plaisez également, vous pourrez alors discuter en ligne avec elle. Sinon il faudra patienter jusqu’au jour suivant pour découvrir un autre « match ». Ou bien payer pour avoir accès à plus de profils et forcer le destin pour un prochain tête à tête virtuel.

Pourquoi un seul profil chaque jour ? Pour le créateur de l’application Jean Meyer, défenseur du « serious dating » (relation durable), c’est le meilleur moyen d’éviter la prolifération d’utilisateurs ne cherchant que des histoires d’un soir. Il présente Once comme une appli pour trouver la personne de sa vie et croit dur comme fer à sa méthode pour révéler les couples idéaux. « Les gens passent beaucoup de temps sur les applications de dating comme Tinder ou Happn. Les technologies devraient nous aider à gagner du temps, pas à en perdre », fait-il également valoir. Jean Meyer souligne aussi avec enthousiasme « l’effet Kinder surprise » de son application tous les midis.

Comment ça marche ? Après avoir installé l’application, vous devez vous connecter en utilisant une adresse e-mail ou en passant par votre compte Facebook. Once vous demande également votre numéro de téléphone pour vérifier que vous soyez un « vrai » utilisateur et non un robot. L’application vous invite ensuite à ajouter des photos de vous et à renseigner les champs prénom, sexe, sexualité (hétérosexuel, homosexuel, bisexuel), âge, taille, origine ethnique, religion, formation, poste, employeur et langues. La situation géographique est automatiquement renseignée grâce à la géolocalisation (sans qu’une autorisation soit demandée à l’utilisateur au préalable…) mais il est possible de modifier ce champ. Des algorithmes vont permettre d’analyser chaque profil et de sélectionner « une shortlist » de « têtes à têtes » possibles pour un utilisateur. Mais ce sont ensuite des « entremetteurs » employés par Once (une trentaine environ, travaillant de chez eux, au profil assez flou...) qui choisiront le « match » qui lui sera finalement envoyé. « Au feeling parfois », confie Jean Meyer. Oui, un inconnu, probablement en pyjama sous sa couette, va désigner qui est la personne faite pour vous.

Quels critères sont pris en compte par les « entremetteurs » ? Le créateur de Once, qui explique avoir travaillé sur des sites de dating avant même l’arrivée de Tinder, est cash : « C’est surtout la photo qui compte pour les utilisateurs. » Il explique qu’avec l’usage, l’application va savoir si vous aimez les « grands blonds suédois avec queue de cheval » et vous « proposer le même type de profils » ensuite. Jean Meyer explique que le style est également analysé et que les profils de « bobos et hipsters vont surtout être proposés à des bobos et des hipsters ». Si votre photo ne vous met pas du tout en valeur, vous serez « matché avec quelqu’un d’autre qui ne sera pas en valeur sur ses photos », n’hésite pas à lâcher Jean Meyer. Le groupe socio-professionnel est le deuxième critère pris en compte. Sans complexe, le créateur de Once lance : « On va choisir pour une personne qui a fait Science Po un profil de type chirurgien. » Il défend cette idée en indiquant que la plupart des gens « se marient avec des personnes du même background social ». Les centres d’intérêt, quasiment anecdotiques, arrivent en dernier dans les critères de l’application.

Once est-il un concurrent sérieux à Tinder et Happn ? L’application mobile - dont un prototype a été lancé aux Etats-Unis au printemps dernier - a déjà levé 3,5 millions de dollars. Jean Meyer est confiant, faisant remarquer qu’« on utilise souvent plusieurs applications de dating en même temps pour multiplier ses chances ». Avec son concept bien à part, il espère séduire un demi-million d’utilisateurs d’ici la fin décembre en France. A condition que sa méthode de « matching » ne rebute pas les mobinautes à la recherche du grand amour.