Windows 10, le reboot de la dernière chance

TECHNOLOGIE Microsoft espère séduire plus d'un milliard d'utilisateurs d'ici 2018...

Philippe Berry

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Le bureau de Windows 10.
Le bureau de Windows 10. — 20 MINUTES

Windows 8 a été un double échec cuisant. Avec une interface pensée pour le tactile, le système s’est mis à dos les utilisateurs PC. Dans le même temps, les ventes de tablettes et de smartphones n’ont pas décollé. Avec Windows 10, disponible ce mercredi comme mise à jour gratuite pour les utilisateurs des versions 7 et 8, Microsoft change radicalement de stratégie. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

A la reconquête du PC

Les mauvaises langues appelleront ça un rétropédalage. Microsoft s’est séparé de l’architecte de Windows 8, a ramené le traditionnel menu démarrer, supprimé le double bureau et les apps plein écran. En clair, le nouvel OS ressemble beaucoup à Windows 7 et a d’abord été pensé pour le clavier et la souris. Il y a bien un mode tablette mais il s’agit d’une option, pas d’un choix imposé.

Pour Microsoft, il s’agit de relancer un marché en perte de vitesse. En 2014, il s’est vendu 308 millions de PC contre 230 millions de tablettes et 1,3 milliard de smartphones, selon IDC. Avec 60 % des PC encore sous Windows 7 et 12 % sous Windows XP, une sortie réussie de Windows 10 pourrait convaincre les consommateurs d’effectuer la mise à jour voire même de changer de machine. Selon l’analyste de Gartner, Brian Blau, « Windows reste une pierre angulaire indispensable de Microsoft pour bâtir son écosystème ».

Une stratégie mobile en deux temps

Sur mobile, Windows 8 a été paralysé par le manque d’apps. Cette fois, Microsoft a retenu la leçon et propose des applications universelles, qui peuvent à la fois tourner sur PC, tablette, smartphone et Xbox. Surtout, des outils de migration vont permettre aux développeurs de porter leurs apps Android et iOS.

Microsoft a compris qu’il ne renverserait pas Apple et Samsung en une nuit. En attendant, le nouveau patron de l’entreprise, Satya Nadella, adopte une tactique impensable du temps de son prédécesseur : il inonde les plateformes concurrentes avec ses services et ses apps (Office, Outlook, Skype, notamment) afin d’aller chercher les utilisateurs là où ils sont. Pour Windows, comme pour Microsoft, l’heure est avant tout au pragmatisme. Reste à savoir s’il n’arrive pas trop tard.