Un étudiant caché dans votre GPS

©2007 20 minutes

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Ils taillent la route pour vous montrer le chemin. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre à bord d'un des vingt-deux camping-cars équipés de la société Tele Atlas, une quarantaine d'étudiants roulent et roulent encore pour cartographier l'Europe. Recruté par le biais d'une petite annonce, ils touchent 1 000 € par mois de travail pour effectuer du « mobile mapping ». Comme Gudrun, 27 ans, et Stijn, 29 ans, qui sillonnent les routes depuis deux ans. Portugal, Espagne, Italie, Pologne... ces étudiants mettent à jour les cartographies des GPS, comme ceux de TomTom, Via Michelin ou Navman. Armé de six caméras, leur camping car effectue des captures vidéo continues à 360 degrés. Ces données routières sont enregistrées sur un serveur embarqué, et deux disques durs de 250 Go sont à envoyer chaque semaine, au siège.

A tour de rôle à la place du passager, les « serial mappeurs » Gudrun et Stijn vérifient sur leur écran de contrôle le bon déroulement de leur mission : six vignettes vidéo reproduisent l'ensemble des prises de vues, tandis qu'une carte en 2D fait apparaître en noir les routes à parcourir, et en vert celles déjà mises à jour. « On doit aussi vérifier qu'il n'y a pas de mouches collées sur les objectifs des caméras. » Quand la journée s'achève, après dix à douze heures de trajet, ils s'arrêtent en ville, souvent dans un endroit à visiter. Que vont-ils faire par la suite ? Continuer l'expérience, parcourir la Grèce, la Norvège, la Finlande et l'Irlande qu'ils ne connaissent pas encore, mais aussi reprendre leurs études. Elle, de criminologie. Lui, d'anthropologie.

Inde Après contrôle, les disques durs sont expédiés en Inde, où sept cents employés effectuent de la photo-interprétation en comparant, image par image, les nouvelles données avec celles de la base.