Des mélanges à ne pas éviter

©2006 20 minutes

— 

Non, un mash up n'est pas une nouvelle sorte de chewing-gum. C'est plutôt une nouvelle façon de créer des sites pleins de fonctionnalités. Du verbe anglais « to mash », qui signifie autant « mixer » qu'« additionner », un mash up est un site qui agrège en temps réel des informations et des services provenant de plusieurs sources. En fait, la standardisation des protocoles et des formats ont fait du Web une sorte d'immense jeu de Lego dont les briques - les données et les applications (API) disponibles en ligne - peuvent être recombinées à volonté afin de fournir des services inédits aux internautes. Une application de mise en page est combinée à l'API du site de photos Flickr, et voici Moo, site pour concocter et imprimer des cartes de visite illustrées par des images pêchées dans Flickr. Avec Ps3seekers.com, qui mixe un peu d'Amazon, d'eBay et de Google Maps, on peut chercher un revendeur ayant des PS3 disponibles... Le site de référence Programmableweb.com recense près de 2 000 mash up, et en enregistre entre trois et quatre nouveaux par jour. Parmi eux, 40 % sont issus de Google Maps. Depuis la publication de son API, on a vu se multiplier dans le cyberespace les cartes interactives combinant les données géographiques de Google avec d'autres sources d'information (petites annonces, albums photo, blogs...). Pour la campagne électorale, un mash up permettant aux militants de situer leurs points de collage d'affiches sur une carte de ville a ainsi été créé.

Après avoir été l'apanage de développeurs Web bidouilleurs, les mash up se sont professionnalisés - devenant une source potentielle de revenus pour leurs créateurs -, et surtout démocratisées grâce à des outils comme Google MyMaps ou Netvibes, qui permettent de créer ses propres mash up sans être informaticien.

Malgré leur esprit très Web 2.0, les mash up présentent plusieurs inconvénients : d'abord, ils dépendent entièrement du bon fonctionnement et de l'ouverture des sites et services qu'ils agrègent. Ensuite, une fois qu'on a créé son propre mash up, rien n'empêche un autre webmaster de le copier pour en récupérer le trafic...

Si Greg Linden, le fondateur du mash up findory.com, pense qu'à cause de ces défauts « congénitaux », « il n'existe pas de modèle économique pour les mash up », d'autres ont trouvé comment valoriser financièrement leur création, principalement grâce à la publicité. Mixez, c'est (parfois) gagné.