La qualité audio creuse un nouveau sillon

AUDIO L’audio de qualité fait un come-back remarqué. Le Festival Son & Image, ce week-end à Paris, devrait confirmer la tendance…  

Christophe Séfrin

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Le nouveau Walkman A15 de Sony est dédié à l'écoute de musique en qualité non compressée.
Le nouveau Walkman A15 de Sony est dédié à l'écoute de musique en qualité non compressée. — SONY

Comme une envie de monter le son. Après des années de MP3, de morceaux musicaux compressés et dépourvus de relief, l’appétence du public pour de l’audio de qualité creuse son sillon. Désormais, les constructeurs parlent de son «haute définition», ou, comme chez Sony, de son «Hi-Res». Tous évoquent le retour de ce qu’il faut bien appeler la Hi-fi. Avec elle, de la musique proposée à travers des fichiers non destructifs, ou « lossless », avec une qualité CD (avec des fichiers FLAC), voire Studio (192 kHz / 24 bits).

Un mouvement de fond

Baladeurs audiophiles, comme les NWZ-ZX1 et A15 de Sony, le Plenue P1 de Cowon ou les modèles (très chers!) de la société Astell&Kern; casques audio Philips Fidelio L1 ou M1 ou, comme bientôt, le Parrot Zik 2.0; steamers de la marque Micromega pour diffuser sans fil et sans compromis sur la qualité ses fichiers musicaux; systèmes audio de la marque Devialet… la musique, la vraie, retrouve son écrin. « C’est un mouvement de fond. L’époque où l’on téléchargeait de la musique jusqu’à plus soif pour remplir son disque dur est révolue », note Yves Riesel, Président et fondateur de Qobuz, la plateforme de streaming et de téléchargement musical qui, depuis 2008, propose de la musique de qualité CD et studio.

Le comeback du vinyle

«Ce n’est pas un retour en arrière, on constate que la haute-fidélité a retrouvé sa place, y compris dans les objets connectés», constate pour sa part Jean-Marie Hubert, Président du festival Son & Image qui se tiendra à Paris ce week-end*. Signe des temps, le vinyle retrouve le chemin des bacs avec plus de 470 000 ventes en France l’an dernier, trois fois plus qu’en 2010. Certes, le marché du microsillon reste anecdotique (2% du marché physique de la musique environ), mais le public renoue avec des valeurs sûres en termes de qualité. « Il y a 3 ans, le constructeur autrichien Pro-Ject fabriquait 40 000 tourne-disques par an. Aujourd’hui il a dépassé un million de pièces par an », confirme Jean-Marie Hubert. Les nouveaux albums de U2, The Do, Leonard Cohen ou Alt J viennent de sortir en vinyle.

La hi-fi, cru 2014, un truc de quinquas? Pas forcément. « La moyenne d’âge des utilisateurs de Qobuz est passée à moins de 40 ans, contre 53 ans il y a 4 ans », précise Yves Riesel. Et, selon Jean-Marie Hubert, «les jeunes en ont marre aussi des trucs avec un mauvais son». Plus que jamais, la musique semble vouloir nous jouer une nouvelle partition.

* les 18 & 19 octobre, au Novotel Paris Tour Eiffel.