La Commission européenne demande (encore) des comptes à Google

WEB Google est dans le viseur de la Commission pour abus de position dominante. Une vieille histoire...

20 Minutes avec AFP

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Le géant internet américain Google et 5 groupes asiatiques annoncent le 12 août 2014 leur association pour la construction d'un câble sous-marin entre les Etats-Unis et le Japon
Le géant internet américain Google et 5 groupes asiatiques annoncent le 12 août 2014 leur association pour la construction d'un câble sous-marin entre les Etats-Unis et le Japon — Philippe Huguen AFP

Google va devoir proposer à la Commission européenne «des solutions» aux critiques émises par ses concurrents, dans le cadre de l’enquête ouverte par l’exécutif européen contre le géant d’internet pour abus de position dominante, a indiqué le commissaire chargé du dossier, Joaquin Almunia. Mécontents des méthodes de Google, une vingtaine de ses concurrents avaient en effet déposé des plaintes auprès de la Commission européenne pour abus de position dominante.

Cette position de la Commission semble ouvrir la voie à une prolongation du dossier, alors que Joaquin Almunia avait annoncé en février que les propositions de «remèdes» de Google étaient satisfaisantes aux yeux de la Commission, ce qui laissait augurer une solution à l’amiable.

La Commission a adressé au printemps des lettres à 20 plaignants pour les informer qu’elle avait l’intention de rejeter leurs plaintes, mais leur donnant aussi l’occasion de lui adresser des réponses argumentées.

Prolongation de l’enquête

Or, «certains plaignants ont introduit de nouveaux arguments, de nouvelles données, de nouvelles considérations» dans leurs réponses, parvenues à la Commission dans le courant de l’été, et «certaines sont très, très négatives», a souligné Almunia dans une interview mise en ligne par Bloomberg TV et réalisée à l’occasion du Forum Ambrosetti qui s’est tenu en Italie du 5 au 7 septembre.

«Nous devons les analyser et voir si (…) Google peut trouver des solutions à certaines de ces préoccupations, que nous considérons comme justifiées. C’est ce que nous sommes en train de faire», a-t-il expliqué, ajoutant que la Commission «essayait d’obtenir de la part de Google des solutions pour répondre à ces arguments solides».

Le géant américain se voyait reprocher principalement de mettre en avant sur ses pages ses propres services spécialisés, au détriment des moteurs de recherche concurrents, par exemple des comparateurs de prix comme Kelkoo ou des sites spécialisés dans les voyages comme Expedia ou lastminute.com.

La Commission, qui a ouvert cette enquête en novembre 2010, a déjà refusé par deux fois les engagements de Google, jugés insuffisants et dont ses concurrents estimaient qu’ils ne feraient que renforcer son avantage.