Moto 360, la première smartwatch capable de séduire le grand public

TECH Reste à en connaître le prix, pour l'instant gardé secret par Motorola...

Philippe Berry
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La smartwatch Moto 360, de Motorola.
La smartwatch Moto 360, de Motorola. — MOTOROLA

Depuis environ deux ans, les smartwatches se cherchent une utilité. Trop grosses, trop complexes, trop chères, elles ont laissé le champ libre aux bracelets connectés tournés vers le fitness. Avec l'annonce d'Android Wear, une version optimisée de l'OS de Google pour les montres, et la présentation de la Moto 360, on semble se situer à un tournant. Explications.

Un design réussi

A l'exception du joli succès de Pebble (300.000 unités vendues), Samsung, Sony ou encore Toshiba ont jusqu'ici essayé d'attacher un mini-smartphone à notre poignet. Avec son design rond, rétro et premium, la Moto 360 ressemble enfin à une montre qu'on s'imagine porter. D'un diamètre de 46 mm, elle reste imposante mais sa taille est comparable à des modèles traditionnels de Tissot ou Seiko. C'est toujours mieux que le rectangle de 37x58 mm du Gear 2 de Samsung. Son designer en chef, Jim Wicks, assure qu'avec le format rond, elle ne «cogne pas» contre l'os du poignet et que le bracelet peut s'adapter à toutes les tailles. L'analyste de Gartner, Van Baker, n'est pas totalement convaincu. Il estime que la montre est encore «trop grosse pour beaucoup de consommateurs», notamment les femmes.

Minimalisme assumé, large compatibilité

La Moto 360 n'est pas équipée d'un appareil photo ni d'un port USB. Selon Wicks, «le consommateur ne veut pas voir de composant électronique apparent sur une montre». Il n'a pas précisé quelle méthode Motorola emploie pour l'alimentation mais il s'agit sans doute d'une recharge par induction. La Moto 360 n'est pas non plus équipée d'une carte-SIM. En clair, on ne téléphone pas avec. Elle se connecte au smartphone par Bluetooth. L'idée derrière les smartwatches, c'est d'être connecté en permanence à l'information sans devoir sortir systématiquement son téléphone de sa poche. La montre est par ailleurs «résistante» à l'eau, ce qui signifie qu'on pourra sans doute la mouiller mais pas faire de la plongée avec. Enfin, elle sera compatible avec n'importe quel téléphone Android doté au minimum de la version 4.3 (Jelly Bean).

Encore beaucoup de questions sans réponse

Autonomie de la batterie, prix et disponibilité à l'international, il faudra patienter pour en savoir davantage. Avec le Moto X, Motorola a montré qu'il était capable de proposer un smartphone toujours allumé (les notifications et l'heure s'affichent dès qu'on l'attrape, et il est toujours à l'écoute pour le contrôle vocal) avec une autonomie au-dessus de la moyenne. La montre sera disponible «cet été» aux Etats-Unis et «plus tard» dans le reste du monde, dit simplement l'entreprise. Pourra-t-elle fonctionner sans téléphone à côté, par exemple, pour le fitness ou la musique? On l'ignore.

Android Wear doit faire ses preuves

Le cœur de l'interface repose sur les notifications «contextualisées» de l'assistant intelligent Google Now. En clair, il essaie de proposer des informations au bon moment sans que l'utilisateur ait à les chercher. Quand cela marche, c'est magique, du genre «Pars dans 10 minutes si tu veux arriver à l'heure à ton brunch». En revanche, certains résultats, de sport, notamment, arrivent parfois trop tard. Le bon point, c'est qu'Android Wear semble capable de piocher dans la librairie graphique des apps Android existantes pour afficher des notifications adaptées au petit écran. La navigation repose, elle, sur des gestes simples (swipe vers le haut/bas/gauche/droite). Pour une recherche, cela passe par la voix. Le public est-il prêt à parler à sa montre? «Pour que la voix devienne l'interface dominante, il faut que la technologie marche parfaitement, ce qui n'est pas encore le cas à l'heure actuelle», tranche Van Baker.

>> La présentation de la montre en vidéo