La France fera Quaero dans son coin

P.B.

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Le moteur de recherche français Exalead a lancé mardi sa version grand public en français et en anglais avec pour objectif de contrer la prédominance d'acteurs américains comme Google et Yahoo.
Le moteur de recherche français Exalead a lancé mardi sa version grand public en français et en anglais avec pour objectif de contrer la prédominance d'acteurs américains comme Google et Yahoo. — Joel Saget AFP/Archives

«La coopération atteint ses limites. Même si nous ne couperons pas les liens, nous poursuivrons désormais un projet national.» Mardi, le ministre allemand de l’économie a sonné le glas de la collaboration franco-germanique autour de Quaero, le grand projet européen si cher à Jacques Chirac, qui était censé concurrencer Google.

Embarrassée, l’Agence pour l’innovation industrielle (Aii), chargée par le président de faire de Quaero sa priorité, souligne que des laboratoires allemands restent impliqués dans le projet. Côté industriel en revanche, Siemens, SAP ou encore Bertelsmann quittent le navire et laissent Thomson seul chef de file d’un projet qui devrait être donc uniquement basé sur la technologie d’Exalead, un moteur de recherche français. François Bourdoncle, PDG et fondateur d'Exalead tient à mettre les choses au clair: «Des technologies développées dans le cadre de Quaero seront intégrées à Exalead, -qui existe déjà-, et pas l'inverse!»

Les Allemands lancent Theseus

Les Allemands abandonnent donc Quaero pour Theseus. Selon l’Aii, qui tenait son premier bilan jeudi, les deux projets «ne sont pas concurrents». Quaero se veut un moteur de recherche «grand public, intuitif, multimédia». Theseus en revanche serait plus spécialisé, orienté web sémantique, notamment capable de faire des recherches «intelligentes» basées sur le sens des mots.

Si les deux partis reconnaissent que cette divergence de point de vue est à l’origine de la séparation, l’Aii refuse d’y voir un divorce, car Français et Allemands n’auraient tout simplement jamais été mariés. Les discussions financières avec les industriels allemands n’étaient que «peu avancées», explique l’Aii.

En octobre dernier, Jacques Chirac annonçait pourtant en grande pompe et aux côtés d’Angela Merkel que Paris et Berlin avaient «décidé le principe, défini et engagé les financements, aussi bien en Allemagne qu’en France». Se serait-il un peu trop avancé?