Google veut forcer ses internautes à utiliser Google+

HIGH TECH La firme de Mountain View intensifie ces derniers mois l'intégration de son réseau social à ses autres services pour pousser les internautes à l'utiliser...

Anaëlle Grondin

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L'interface de Google+ Social.
L'interface de Google+ Social. — GOOGLE

«Tactique controversée», «mesures agressives», «tentative désespérée pour rattraper Facebook»… Ce sont les termes employés par plusieurs sources du Wall Street Journal pour évoquer la nouvelle stratégie adoptée par Google visant à attirer les internautes sur son réseau social, Google+. Une plate-forme jusqu’ici très peu plébiscitée par le grand public, qui préfère de loin passer des heures sur celui de Mark Zuckerberg.

Le journal américain s’offusque après avoir constaté que la firme de Mountain View exigeait de plus en plus de ses internautes l’utilisation de Google+ pour avoir accès à d’autres services. Il donne l’exemple d’un Américain de 26 ans nommé Sam Ford. Le jeune homme s’était créé un compte Google+ depuis son smartphone pour pouvoir enregistrer ses photos sur le réseau social dans un dossier privé et y avoir accès sur Internet. Plus tard, il est tombé des nues en découvrant que son profil Google+, sur lequel son nom complet apparaît, était lié à un avis qu’il avait publié peu de temps avant sur la boutique d’applications Google Play pour donner ses impressions sur un logiciel.

«Les nouveaux avis seront publiquement associés à votre profil Google+»

Un porte-parole de Google a expliqué qu’effectivement, l’entreprise demandait désormais aux internautes de se créer un profil Google+ pour pouvoir donner leur avis sur la plateforme. Un nouveau message s’affiche lorsque l’on clique sur «donner son avis» sur Google Play: «Les avis Google Play sont désormais associés à Google+ : il est ainsi plus facile de voir les opinions des personnes qui comptent pour vous. Les nouveaux avis seront publiquement associés à votre profil Google+.» L’argument de Google pour défendre cette méthode? Améliorer la qualité des critiques, jugée moindre lorsque les gens commentent de manière anonyme. Et la firme ne compte pas en rester là. Les patrons de Google ont  affirmé au Wall Street Journal que l’intégration de Google+ aux autres services de la société allait encore s’intensifier. «Les points d’entrées à Google+ sont multiples», a affirmé un responsable du réseau social, Bradley Horowitz.

Il y a environ un an, Larry Page, le PDG, souhaitait demander aux utilisateurs de Google de se connecter à Google+ pour pouvoir lire les avis des autres sur les commerces (un exemple ici). Des collègues sont parvenus à le persuader d’abandonner cette idée qui aurait pu irriter les utilisateurs du moteur de recherche. En revanche, d’autres formes d’intégration ont bien vu le jour ces derniers mois. Ceux qui veulent publier des avis sur Google (et Google Play, donc) doivent se créer un compte Google+. Et pour convaincre les internautes d’utiliser ce réseau social, des liens vers Google+ s’affichent dans le moteur de recherche lorsque des personnalités ou des marques apparaissent dans les résultats.

Mieux cibler les goûts et habitudes des internautes pour les annonceurs

«Google essaie par tous les moyens de concurrencer Facebook, et si les gens ne viennent pas partager spontanément leurs données, l’entreprise les conduira partager des informations quand même», a déclaré Sam Ford au Wall Street Journal. L’intérêt? En savoir plus sur les goûts et habitudes des internautes. Des annonceurs ont affirmé que Google leur a assuré qu’une meilleure intégration de Google+ au sein de ses autres services lui permettrait de mieux cibler les internautes. Comme Facebook, Google tire l’essentiel de ses revenus de la vente d'espaces publicitaires. Plus la firme de Mountain View sera capable de cibler les goûts et habitudes de ses utilisateurs, plus les annonceurs feront appel à elle pour s’assurer que leurs publicités aient un impact.

Ces derniers mois, ces intégrations diverses ont permis à Google de booster son réseau social. En décembre, 235 millions de personnes l’utilisaient contre 150 millions au mois de juin. Toutefois, il y a encore un long chemin à faire pour détrôner Facebook, qui passait la barre du milliard d’utilisateurs actifs en octobre dernier.