Non, Instagram ne va pas vendre vos photos

HIGH-TECH Son patron a pris sa plume pour dissiper le malaise des nouvelles conditions d'utilisation...

P.B.

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L'application photo Instagram sur iPhone.
L'application photo Instagram sur iPhone. — Karly Domb Sadof/AP/SIPA

Quand on doit se lancer dans une explication de texte, c'est qu'il est en général mal écrit. Mardi, Kevin Systrom, le cofondateur d'Instagram, a tenté de calmer l'incendie allumé la veille par les nouvelles conditions d'utilisation (terms of service, ou ToS), qui doivent entrer en vigueur le 16 janvier et permettre à l'application de partager ses informations avec Facebook. Systrom a clarifié trois points:

1. Instagram ne va pas vendre vos photos pour faire de la publicité

«Le langage proposé soulevait la question de savoir si vos photos pouvaient être incluses dans une publicité. Pour être clair nous n'avons pas l'intention de vendre vos photos. Et pour cette raison, nous allons retirer cette phrase.»

2. Les utilisateurs sont propriétaires de leurs photos

«Rien n'a changé. Nous savons qu'il y a des artistes et des amateurs créatifs et vos photos sont vos photos, c'est tout.»

3. Les réglages vie privée de changent pas

«Si vous avez choisi de partager vos photos en privé, elles ne sont visibles que par les utilisateurs que vous avez approuvés.»

Des corrections apportées

«Le langage était confus et c'est de notre faute. Il est facile de mal interpréter un texte juridique», écrit encore le cofondateur. Il précise que les doléances ont été entendues et qu'une nouvelle version des ToS sera bientôt rédigée.

Systrom ne précise pas exactement ce qu'Instagram compte faire sur la publicité mais il rappelle qu'une entreprise doit gagner de l'argent pour fonctionner.  Il explique qu'il ne veut pas de bannières, qui seraient de la pollution visuelle. En revanche, il promet des solutions «innovantes». Il semble suggérer que les marques et les entreprises pourront payer pour partager leurs photos. Quant aux informations des utilisateurs partagées avec d'éventuels annonceurs, cela devrait surtout concerner les marques vous suivez ou les photos que vous likez.

Les cyniques estiment que Systrom applique-là le parfait manuel du petit Zuckerberg: aller trop loin de deux pas, s'excuser, reculer d'un pas. C'est peut-être le cas. Mais plusieurs observateurs doutaient de la volonté d'Instagram de vendre les photos des utilisateurs sans compensation, estimant que cela signerait son arrêt de mort. Flickr a tenté l'expérience, mais en partageant les revenus des ventes avec le photographe.