« J'ai dû m'impliquer pour éviter les dissidences »

Propos recueillis par Manuel Pavard

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Il n'est pas candidat, pourtant son ombre plane sur la campagne des législatives. Député de la 9e circonscription de 1997 à 2011 (jusqu'à son élection au Sénat), André Vallini soutient l'écologiste Michèle Bonneton, en vertu de l'accord national entre le PS et EELV. Le sénateur et président du conseil général de l'Isère sort enfin de sa réserve, après des semaines de mutisme.
Avez-vous été déçu de ne pas avoir été nommé ministre de la Justice ?
J'ai même été violemment déçu ! Mais je préfère parler d'autre chose…
Vous êtes entré tardivement en campagne. Le PS s'est-il facilement rangé derrière Michèle Bonneton ?
Le PS a décidé de soutenir Michèle Bonneton le jeudi de l'Ascension. Jusque-là, elle faisait campagne malgré les réticences des socialistes locaux. Il a fallu que je m'implique pour éviter des candidatures dissidentes. J'ai accepté, à sa demande, de présider son comité de soutien et la majorité des élus et militants socialistes se sont ralliés, même si certains traînent un peu les pieds.
Un pronostic pour ce scrutin ?
Je suis perplexe. Je connais par cœur cette circonscription, où je suis né et élu depuis trente ans. Aucun candidat n'est connu ni implanté, ils partent tous à égalité. Ce manque de notoriété, ainsi que la lassitude des Français devant la campagne, devrait favoriser l'abstention. Je pense que Michèle Bonneton sera élue, car elle bénéficie de l'effet Hollande, les électeurs de gauche voulant lui donner une majorité. Lire aussi p. 5

Les enjeux de la 9e

L'écologiste Michèle Bonneton, soutenue par le PS, fera face à la concurrence de Christian Toillier (Front de gauche), qui vise ouvertement le 2e tour. La droite part divisée entre Julien Polat, investi par l'UMP, et le candidat divers droite Claude Mahier.