Le camp de La Tronche en sursis

Manuel Pavard
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Le jour se levait à peine, mardi matin, quand trois pelotons de gendarmes mobiles ont pris position dans le camp de Roms de La Tronche, coincé entre la voie rapide, Décathlon et le CHU. « Les policiers sont arrivés vers 6 h pour contrôler nos papiers », raconte Monica, occupante du squat, qui depuis 2010 fait la navette entre la Roumanie et La Tronche avec sa famille. « Ils nous ont donné un mois. Après, ils reviendront pour nous expulser. » Du côté de la préfecture, on explique qu'il s'agissait d'une « opération de recensement. 88 majeurs et 53 mineurs y vivent actuellement. Nous avons notifié 20 OQTF (obligation de quitter le territoire français) et deux personnes ont été conduites en centre de rétention. Une voiture volée a également été découverte et le receleur placé en garde à vue. »

Rats et inondations
« Il n'y aura pas de nouvelle opération avant un mois », ajoute la préfecture, qui précise que « l'évacuation du camp est rendue exécutoire par une décision de justice. » Un démantèlement attendu par le maire de La Tronche, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand (UMP), qui parle de « pire camp de l'agglo, avec passeurs et proxénètes » et de « troubles incessants pour le voisinage ». Les Roms se savent, quant à eux, en sursis. Gheorghe, pourtant, « préférerait rester ici », malgré les rats et le terrain inondé. « Malheureusement, on n'aura pas le choix. Dans un mois, on aura interdiction de rester en France et on repartira en Roumanie. Mais on reviendra. »

Que deviendra le terrain ?

Une fois, le camp démantelé, le maire de La Tronche estime qu'il faudra « dépolluer le terrain à cause des carcasses de voitures brûlées et des rats. » Se posera aussi le problème de la propriété, la mairie ayant engagé une procédure pour abandon manifeste du terrain contre le propriétaire, une SCI, en vue d'une expropriation.