Les Indignés, porte-parole du peuple

Manuel Pavard

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Ils sont étudiants, chômeurs, salariés ou retraités. Inspirés par le mouvement des « Indignados » espagnols, né le 15 mai 2011, ils se réunissent depuis cet automne chaque samedi place Notre-Dame, à une trentaine de personnes. Début janvier, ces Indignés grenoblois ont décidé de se porter candidats aux législatives dans les quatre premières circonscriptions de l'Isère, sous l'étiquette Démocratie Réelle. Une décision logique selon Manon Troussier, 18 ans, étudiante à Sciences-Po et candidate dans la deuxième circonscription : « On estime que les députés actuels ne nous représentent pas. Ils votent comme ils veulent ou selon leur parti. On aimerait que les gens décident eux-mêmes. » Ainsi, Démocratie Réelle, qui n'affiche « aucune appartenance politique », ni programme. « Nous sommes là pour relayer la parole du peuple. C'est ça, la démocratie. »

Référendum
Leitmotiv du mouvement, le référendum. « On souhaite organiser des mini-référendums dans la circonscription pour chaque loi. Si le processus va trop vite, on s'abstiendra. » Une manière de faire de la politique qui a séduit Manon Troussier : « Je me suis toujours intéressée à la politique mais je ne me reconnaissais dans aucun projet avant de commencer à suivre les Indignés. » Elle ne vise « pas de score précis. On espère que notre idée novatrice nous portera. » A l'inverse des grands partis, Démocratie Réelle autofinance sa campagne. « J'ai un budget de 1 800 € pour les tracts et professions de foi et je colle moi-même tous les jours. Et je crois en ce que je fais. »

Dans toute l'agglomération

Issue de Grenoble, Démocratie Réelle présente des candidats dans les quatre circonscriptions de l'agglo grenobloise : Valentin Radlo (1re), Manon Troussier (2e), Christine Favaro (3e) et Philippe Bazatole (4e). Lancé pour les législatives, le mouvement devrait poursuivre son action après les élections, sous une forme à définir.