« Certains proches m'ont ignorée »

Propos recueillis par Jessica Riber

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Justine Mal, étudiante grenobloise en psychologie, vient de vivre un mois en fauteuil roulant. Une expérience étonnante qu'elle raconte à 20 Minutes.
Pourquoi avoir fait ce choix ?
Je fais quelques activités liées de près aux personnes à mobilité réduite. J'ai pratiqué le hockey en fauteuil avec mon université en septembre dernier, ce qui m'a rapprochée de plusieurs personnes invalides, dont une devenue une très bonne amie. Le week-end, je suis auxiliaire de vie à l'Association des paralysés de France et je destine au métier d'éducatrice spécialisée. Le statut des handicapés me touche et la meilleure façon d'en parler est de le vivre.
Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Pendant ce mois passé en fauteuil roulant, j'ai rencontré des problèmes d'accessibilité et le regard des autres. Bien que Grenoble soit une ville bien adaptée au handicap, j'ai traversé des périodes très difficiles, tant physiquement que moralement. Du jour au lendemain, certains de mes proches m'ont ignorée ; ils ne me voyaient plus mais voyaient le fauteuil. Il y avait aussi les regards de pitié, de doute. C'est pesant et épuisant.
Qu'en avez-vous retiré ?
C'est une expérience enrichissante, touchante, qui me permet aujourd'hui d'être plus efficace dans mon travail à l'association. Actuellement, je suis complètement mobilisée sur cette cause que je veux continuer à soutenir.
Et maintenant quels sont vos projets ?
Le 30 avril, j'ai quitté mon fauteuil et lancé ma campagne de sensibilisation « 1 regard sur 4 roues ». J'ai créé une page Facebook pour rendre public ce que j'ai vécu, et un blog dans lequel je diffuse des vidéos, photos et témoignages de mes amis handicapés. Dès septembre prochain, je commencerai des actions concrètes comme des conférences-débats et des expositions photos pour attirer l'attention au plus grand nombre sur le handicap et changer la vision que nous lui portons.