Violente agression aux urgences du CHU

Manuel Pavard

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«On n'avait jamais vu une telle violence, affirme le Dr Jean-Paul Brion, vice-président de la Commission médicale d'établissement du CHU. On est souvent confronté à l'agressivité aux urgences, mais cet événement est exceptionnel. » L'émotion était encore très vive, mercredi, à l'hôpital Michallon, trois jours après la violente agression dont a été victime le personnel des urgences.

Plus de huit jours d'ITT
Dimanche, à 12 h 20, une patiente est admise aux urgences psychiatriques. « Son état ne présentant aucun danger vital, elle a été prise en charge trois heures plus tard, raconte le Dr Françoise Carpentier, chef de service des urgences. Comme elle exigeait une chambre seule, nous lui avons proposé la seule disponible, sans fenêtre. Vers 18 h, un groupe de cinq ou six personnes, passé par une entrée non filtrée, a surgi dans le bureau d'un médecin, lui reprochant les conditions d'accueil d'une proche, sans plus de précision. Le médecin a été violemment frappé à la tête mais heureusement, un aide-soignant est intervenu, secondé par des brancardiers. Ils ont mis en fuite les agresseurs avec l'aide des vigiles. » Quatre personnes ont été blessées. Le médecin, souffrant d'un traumatisme crânien et d'une perte d'audition transitoire, et un brancardier, touché aux côtes, font l'objet d'une ITT (incapacité temporaire totale de travail) de plus de huit jours. Ils ont déposé plainte lundi à la police.
Choqué, le personnel a été pris en charge par la cellule médico-psychologique.

L'enquête suit son cours

Une enquête a été ouverte par la police qui « est parvenue à identifier trois agresseurs – des parents proches de la personne hospitalisée – grâce aux vidéos de l'hôpital », a indiqué Jean-Paul Pecquet, directeur départemental de la sécurité publique. Les enquêteurs tentent désormais de localiser ces « gens connus des services de police ».