Un défilé du 1er Maitrès politique

Manuel Pavard

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Une réponse aux « provocations de Nicolas Sarkozy ». C'est ainsi que les dizaines de milliers de manifestants ayant battu le pavé grenoblois ont qualifié la mobilisation de ce 1er Mai. De fait, le second tour de la présidentielle était dans toutes les bouches mardi. La volonté du président candidat d'organiser une « fête du vrai travail » a en effet été perçue comme « une insulte », explique Yves, salarié dans la chimie : « Il tente de diviser les Français, d'opposer les vrais aux faux travailleurs, ceux qui triment contre ceux qui profitent. Comme si on ne se levait pas tous les matins pour gagner notre croûte ! » Plusieurs banderoles détournaient d'ailleurs les propos du chef de l'Etat. « Les faux travailleurs disent merde aux vrais cons », proclamait ainsi l'une d'elles.

Récupération
Dans une ville qui a largement penché à gauche au premier tour, le défilé était pour beaucoup l'occasion de faire descendre l'élection dans la rue. « C'est sûr que ça motive à manifester, souligne Paul, éducateur spécialisé. Regardez cette foule : à part en 2002, j'ai rarement vu autant de monde pour un 1er Mai à Grenoble. » Une connotation politique ouvertement assumée par les syndicats. « La CGT appelle à ne pas élire Nicolas Sarkozy pour le bilan de son premier mandat, rappelle Patrick Brochier, secrétaire général de l'UD CGT 38. Il veut s'emparer du 1erMai, date symbolique pour tous les salariés et non la date du parti du Medef. »

chiffres

Combien étaient-ils mardi à Grenoble ? Moins de 8 000 selon la police, de 35 000 à 40 000 pour les syndicats. Malgré la guerre des chiffres habituelle, une chose est sûre : la mobilisation a été très forte, avec un cortège s'étirant de l'avenue Alsace-Lorraine au Jardin de Ville et des chiffres certainement plus proches de celui des organisateurs.