Un « troisième œil »pour guider le chirurgien

Max Despentes

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Des expérimentations ont eu lieu pendant deux sur des souris.
Des expérimentations ont eu lieu pendant deux sur des souris. — Fluoptics

Si la chirurgie est l'une des thérapies les plus efficaces dans les traitements anticancéreux, la précision et la finesse de ses interventions en constituent depuis toujours la clef essentielle. C'est en effet à ce prix que la prolifération ultérieure des cellules malades peut être évitée.

Précision inégalée
Prometteuse, préfigurant une révolution des pratiques chirurgicales, la technique d'imagerie de fluorescence mise au point après des années de recherche par la start-up grenobloise Fluoptics est en quelque sorte un « troisième œil » du chirurgien. « Grâce à la combinaison d'un traceur fluorescent qui se fixe uniquement sur les zones atteintes par la tumeur et d'un système d'imagerie, résume Philippe Rizo, directeur scientifique de Fluoptics, le chirurgien peut les visualiser pendant l'intervention en temps réel, et procéder aussitôt à leur ablation, avec une précision aujourd'hui inégalée ».
Expérimentée depuis deux ans sur des souris, cette nouvelle technique d'aide à la chirurgie pourrait, dès 2013, connaître ses premiers essais sur l'homme. Dans la foulée, la firme grenobloise espère produire en série pour les établissements de santé une machine d'un coût bien inférieur à celles de ses concurrents.
Accompagné par le cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (Clara, lire l'encadré), le développement de cette technologie innovante constitue un exemple de transfert réussi de la recherche fondamentale vers la clinique.

Soutien de l'Europe

Le Clara, avec un budget de 37 millions d'euros, fédère 70 partenaires, 43 équipes, 7 centres cliniques et 22 entreprises, dont 7 start-up. Il pilote 210 projets de recherche et a reçu 2,4 millions de fonds européens depuis trois ans pour six d'entre eux.