Des anges gardiens pour les start-up

CHantal Féminier

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Philippe Rase participait, jeudi à GEM, à l'assemblée générale du réseau France angels.
Philippe Rase participait, jeudi à GEM, à l'assemblée générale du réseau France angels. — M. ALLARD / PLEINS TITRES / 20 MINUTES

Ils sont 4 000 en France, regroupés dans 80 clubs dont celui de Grenoble est un des plus actifs. Les business angels (BA), réunis jeudi en assemblée générale et ce vendredi en université de printemps dans la capitale des Alpes, ont pour vocation de soutenir, dans tous les sens du terme, les créateurs d'entreprise : « On dit que nous portons le 2e étage de la fusée, explique Philippe Rase, Belge, Grenoblois d'adoption, l'un des premiers adhérents en 2005 du Grenoble angels qui en compte aujourd'hui 180. Quand le créateur d'entreprise a fait le tour des apports de ses proches, il se tourne vers les banques qui refusent souvent de l'aider au vu de son business plan. Nous, nous lui offrons non seulement une part de capital, minoritaire, mais également nos compétences et nos réseaux. »

BA par passion
Le club grenoblois investit ainsi en moyenne 3 millions d'euros par an dans 15 sociétés, souvent des start-up. Il compte au total 65 « filleules » qui représentent 500 salariés. Lui-même créateur d'une société de service à la personne tout en étant cadre dans un grand groupe, Philippe Rase a parrainé en six ans sept sociétés auxquelles il a apporté entre 10 000 et 30 000 €. « Quand je suis arrivé en France, c'était une façon de m'intégrer dans l'économie Je le fais par plaisir, par passion, pas par intérêt. » La preuve : quand l'une des sociétés a fermé ses portes, il a perdu 35 000 €. « Mais les autres vont bien, se félicite le BA, comme Domilico (rénovation d'intérieur), qui est en hypercroissance… ».

Portrait-robot d'un business angel

Christophe Bonnet, professeur à Grenoble école de management (GEM), a présenté à l'occasion de l'assemblée générale de France Angels, le portrait-robot du BA rhônalpin, issu d'une étude qu'il a codirigée : c'est le plus souvent un homme, diplômé, de 55 ans en moyenne, qui a déjà dirigé ou créé une entreprise, et privilégie la proximité.