Prohibition et effeuillage à EVEUne semaine où tous les interdits sont permis

Chantal Féminier

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En 2008, les années trente avaient déjà inspiré les organisateurs.
En 2008, les années trente avaient déjà inspiré les organisateurs. — Tout en vrac

Avec la soirée « Prohibition » qui clôturera samedi, à l'Espace vie étudiante, la Semaine de l'interdit, ce ne sont pas les tabous que l'université de Grenoble a choisi d'évoquer, mais plutôt la façon dont certains interdits de l'époque – alcool, jeu, sexe… –, ont été transgressés.

Scènes de crime et effeuillage
« Avec des tables de jeux, des scènes de crimes, des bagarres entre maquerelles, des prostituées, on va recréer une ambiance années 30 », explique Charlotte, de Tout en vrac, l'une des associations organisatrices. La soirée sera aussi ponctuée d'animations inattendues avec fakir, dresseur de puces, jonglerie, bras de fer, paris sportifs… « Il y aura aussi des gangsters, beaucoup de gangsters… », tout aussi faux que les liasses de dollars lâchées à profusion. Bien vrai en revanche sera le numéro d'effeuillage burlesque, « un terme que les cinq auteurs (quatre femmes et un homme de Beburlesque) préfèrent à celui (plus tabou ?) de strip-tease », précise Jean-Remy Harmoniaux, du bureau culture de l'université.
La soirée est gratuite et ouverte à tous à condition de venir costumé, même si un stand de location de costumes est prévu à l'entrée. « Effeuillage oblige », elle sera toutefois « interdite » aux moins de 18 ans…
« Dans une société pourtant décrite inlassablement comme très – voire trop – permissive, bien des sujets relèvent encore d'interdits », observe Marie-Christine Bordeaux, chargée de mission culture à l'université de Grenoble. Pour donner le ton d'entrée, la Semaine de l'interdit commence ce mardi à la BU, par l'exposition « Théorèmes (valeurs erronées et idées fausses) », qui dépoussière les sept péchés capitaux. Mercredi, nocturne étudiante au Musée de Grenoble : le son d'un concert electro résonnera au milieu de l'allée centrale, « du jamais vu », selon Jean-Remy Harmoniaux. Il sera aussi question de rap – aux textes si souvent tabous (jeudi, 12 h 30 à EVE) et de cinéma. Toute la semaine, enfin, des paroles intimes seront déclamées à haute voix sur le campus. C. F