La défense satisfaite, les parties civiles partagées

Manuel Pavard

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Reconnu coupable des assassinats de son beau-père et de sa belle-sœur, Jocelyn Kisoka a été condamné mercredi soir par les Assises de l'Isère à 25 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire de sept ans. « Une peine acceptable, estime son avocat Me Malik Ghouti, car elle ouvre la porte à un rétablissement de mon client et ne l'empêche pas d'espérer ressortir un jour. » Déjà détenu depuis juillet 2010, Jocelyn Kisoka pourrait ainsi, en théorie, sortir dans environ 15 ans. « Je suis satisfait que le ministère public ait pris en compte l'altération de son discernement et ses difficultés de santé », ajoute Me Ghouti.

La peur des Sougey-Lardin
Du côté des parties civiles, les réactions sont plus mitigées. « La décision a été globalement acceptée par tout le monde mais la famille Sougey-Lardin est un peu amère, précise leur avocat Me Olivier de Montbrison. La qualification d'assassinat ayant été retenue pour les deux crimes, la peine ne me paraît pas très sévère. Les Sougey-Lardin étaient à la fois dans une démarche de sanction et de neutralisation de Jocelyn Kisoka car ils ont peur de son éventuel retour. Il sera certes interdit de territoire en Isère mais Saint-Laurent-du-Pont est tout proche de la Savoie. » Me de Montbrison tempère néanmoins les craintes liées à une remise en liberté au bout de 15 ans : « C'est une faveur, pas un droit. Il devra subir une expertise psychiatrique et il est fort possible qu'elle soit négative, surtout s'il reste comme pendant l'audience. »

Double assassinat

Le 8 juillet 2010, Jocelyn Kisoka a tué à coups de hache son beau-père André Sougey-Lardin et égorgé sa belle-sœur Isabelle Sougey-Lardin, dans la maison familiale de Saint-Laurent-du-Pont. Il n'avait pas supporté la rupture avec sa femme Valérie.