« La mixité apporte plus de fluidité »

Recueilli par Chantal Féminier

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« La première femme ingénieur a été diplômée à l'INP il y a cent ans et j'en suis très fière. »
« La première femme ingénieur a été diplômée à l'INP il y a cent ans et j'en suis très fière. » — Grenoble INP

Elue administrateur général du groupe le 20 février dernier, Brigitte Plateau est la première femme à prendre la tête de Grenoble INP depuis sa création il y a plus de cent ans.

Qu'est-ce qui vous a amenée à cette fonction ?
A la fois une personnalité et un déroulement de carrière. Mon arrivée à la tête du groupe est le fruit d'une double élection, par le personnel de l'INP et par les trois conseils : d'administration, scientifique et des études et de la vie universitaire qu'il a fallu convaincre.
Que vous inspire le manque de femmes ingénieurs ?
Pour moi, le métier d'ingénieur n'a pas de sexe mais on constate en réalité une moindre appétence des femmes pour les sciences. Et, quand elles les choisissent, elles se tournent plutôt vers celles liées au vivant, comme la médecine ou la biologie. Nous avons 30 % de filles en moyenne dans le groupe. Cela n'évolue pas. C'est regrettable car elles sont aussi aptes que les garçons à faire des carrières scientifiques. Je leur dis : prenez votre place dans le train !
A quoi cela tient-il ?
Le choix d'un métier n'est pas rationnel. On est attiré par ce qui nous séduit. Or le quotidien d'un ingénieur ne se voit pas de l'extérieur. Sa réalité est aussi très diverse : on peut créer une start-up, diriger un grand groupe, être conseil… Et peu de choses sont faites pour attirer les femmes vers le monde industriel. Nous allons y travailler avec nos partenaires.
Que peuvent apporter les femmes à ces métiers ?
Ce qu'apporte partout la mixité : plus de fluidité, un meilleur équilibre. C'est plus productif.
La première femme ingénieur a été diplômée par l'INP il y a cent ans. C'est dû au terrain local ?
J'en suis très fière. Mais c'est sans doute plus lié à son environnement. Moi-même je suis fille d'ingénieur et j'ai été portée par mon milieu familial vers des études scientifiques.