Alpexpo au bord de l'asphyxie

Florence Roux

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Le déficit provisoire d'Alpexpo était prévisible, « mais son ampleur a surpris ». Olivier Bertrand, conseiller municipal des Verts à Grenoble, regrette « d'avoir constaté dans la presse » ce trou de 1,9 million d'euros, après le CA du 1er mars de la société d'économie mixte (SEM) Alpexpo. « A la fin 2011, j'avais demandé, en vain, une mission d'information sur le sujet, rappelle Matthieu Chamussy, conseiller UMP. Aujourd'hui, on ne sait toujours pas à quoi correspondent 500 000 € du déficit. Lequel risque d'être supérieur au chiffre annoncé. » Si la crise est dénoncée comme le principal facteur de baisse du chiffre d'affaires (7 millions d'euros), Alain Pilaud, PDG de la SEM, avance aussi « un désintérêt du public pour les salons », qui représentent 70 % de l'activité. Matthieu Chamussy met encore en cause « un équipement moins attractif », malgré les 12 millions detravaux engagés en 2009, tandis qu'Olivier Bertrand dénonce « une surcapacité grenobloise de mètres carrés dédiés aux salons. »

Redresser la barre
« Au contraire, estime Jérôme Safar, premier adjoint chargé des finances et du Contrôle de gestion externe, il faut développer Alpexpo, en le recentrant mieux sur nos atouts, la montagne, la recherche et l'enseignement supérieur. » Lundi, la SEM a accueilli une nouvelle directrice, Catherine Calmels, qui succède à Guy Chanal, parti à la fin 2011. Elle devra tenir les objectifs de 2012 et proposer des pistes de prospections. Redresser la barre.

Surveiller et payer

La ville, principal actionnaire d'Alpexpo (35 %), votera le 26 mars en conseil municipal la constitution d'une mission d'information et d'évaluation (MIE). Elle décidera aussi d'un apport pour combler le déficit, en concertation avec les autres actionnaires publics, tels que la Métro ou la Caisse des dépôts. La SEM a besoin de 2 millions d'euros.