Quand Les conflits quittent le palais pour la maison

Chantal Féminier

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Elle ne permettra pas de désengorger les tribunaux, mais elle apaisera sans doute quelques rancœurs. La Maison de la Médiation dont les statuts ont été déposés en novembre, a fait l'objet d'une présentation officielle hier à la Maison de l'avocat, où elle est désormais installée. « Grenoble a été la première ville à lancer la médiation en 1999 », rappelle Alain Besson, président de l'Association pour le développement de la médiation sociale (Adems), née de cette démarche de pionnier. Aujourd'hui, l'Adems fusionne avec le Centre de médiation commerciale de Grenoble (CMCG) qui, lui, a vu le jour à la Chambre de commerce en 2007.

Des affaires de voisinage
Ainsi, la Maison de la médiation met à la disposition des entreprises, mais aussi des salariés ou des particuliers, une équipe de 25 médiateurs, issus des deux structures : « 50 % sont des avocats honoraires ou en activité, 50 % d'ex-magistrats », précise Alain Besson. La médiation peut être conventionnelle, à l'initiative des parties, ou judiciaire. Si l'essentiel des affaires actuelles porte sur des dossiers de souffrance au travail, les médiateurs peuvent aussi aborder des conflits de voisinage : « J'ai connu un dossier où un couple âgé s'opposait à un plus jeune sur un problème de clôture. A l'issue de la médiation, le premier a accueilli les enfants du second pour de l'aide aux devoirs. » Pour Annick Boehm (CMCG), la formation est déterminante pour la réussite de la médiation, mais aussi le soutien, spécifique à Grenoble, des avocats et des magistrats.

Réussite

Une médiation nécessite en moyenne deux ou trois réunions de deux heures chacune. « 80 % des conflits trouvent une issue favorable, affirme Alain Besson. La médiation représente pourtant 1 à 2 % seulement des affaires judiciaires… »