Denize Soares nie avoir tué Sébastien

Manuel Pavard

— 

Denize Soares est restée quasiment impassible, hier, au premier jour de son procès devant les assises de l'Isère pour l'assassinat de Sébastien Brun. Pas un regard ou presque aux parents de son compagnon, au contraire de ces derniers qui n'ont cessé de fixer leur ex-belle-fille. La Brésilienne a prononcé l'une de ses rares paroles lors de la lecture de l'ordonnance de mise en accusation par le président. « Je conteste, je n'ai pas assassiné Sébastien », a-t-elle déclaré.
Avant cela, la matinée avait tourné à la bataille de procédure. En cause, « un rapport d'expertise, daté d'avril 2009, qui contredit la thèse de l'empoisonnement au cyanure mais ne nous a été communiqué qu'il y a deux semaines », a déploré Me Joëlle Vernay, avocate de la défense, qui a demandé un renvoi. La cour a décidé de surseoir à statuer sur cette demande.

Rêverie et affabulations
Les avocats des parties civiles ont, eux, dénoncé « un écran de fumée et des artifices. » « La défense ne veut pas que le procès se tienne, nous a ainsi affirmé Me Alice Nallet. Elle tente d'obtenir la remise en liberté, sous prétexte que la détention provisoire est trop longue. »
L'après-midi a ensuite été consacrée à l'analyse de la personnalité de l'accusée. Selon un expert psychiatre, « Denize Soares vit dans un monde de rêverie et d'affabulations depuis son enfance difficile, pour s'inventer un sort meilleur. C'est une personnalité dépendante, anxieuse, soumise et passive. »
Aujourd'hui, place aux témoignages des enquêteurs.

Rappel des faits

Denize Soares est soupçonnée d'avoir empoisonné Sébastien Brun lors de vacances au Brésil, en 2004. Elle avait dit à ses beaux-parents que son conjoint était resté dans ce pays mais le corps de ce dernier avait été retrouvé dans une carrière en 2008. Denize Soares accuse son frère Messias, qui attend d'être jugé au Brésil.