45 saisonniers sans salaire ni contrat à l'Alpe d'huez

Manuel Pavard

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L'hôtel 3 étoiles Les Grandes Rousses.
L'hôtel 3 étoiles Les Grandes Rousses. — OT L'Alpe d'Huez

Alberto Guglielmone est dépité : « La situation est intenable, on ne peut plus continuer ainsi ! » Comme ce directeur d'hôtel italien,

45 employés de l'hôtel Les Grandes Rousses à l'Alpe d'Huez ont porté plainte contre la société Phœnix Holidays, filiale du tour-opérateur britannique Take me too, gestionnaire de l'établissement. Ces saisonniers – britanniques mais aussi français, hollandais et italiens –, dénoncent des conditions illégales : absence de contrat de travail et salaires impayés.

Embauche sur parole
« Après un entretien en Angleterre, j'ai été embauché sur parole, comme tout le monde, raconte Alberto Guglielmone. Phœnix Holidays devait me transmettre un contrat français sur place. Or je suis ici depuis le 11 octobre et il n'est toujours pas arrivé. En plus, je n'aurai pas de salaire en janvier et beaucoup d'employés n'ont rien reçu depuis décembre. » Propriétaires de l'hôtel, qu'ils ont loué au tour-opérateur, Yannick et Patricia Grelot ne décolèrent pas : « On s'est fait balader par un patron voyou, qui n'a payé ni les fournisseurs ni le loyer, et qui tente de se mettre en position d'insolvabilité. Nous avons donc intenté une action pour l'expulser. Nous aimerions reprendre l'exploitation et réembaucher le maximum de salariés. » Patricia Grelot se dit « d'autant plus triste que sa famille a construit cet hôtel. » Pendant ce temps, « la vingtaine de saisonniers encore présents assure le service minimum pour les six derniers clients, explique Alberto Guglielmone. Mais je ne peux pas les forcer à travailler… »

Travail dissimulé

Après une opération de contrôle menée mardi dernier par la gendarmerie, une enquête a été ouverte pour travail dissimulé et le dossier transmis au parquet. Phœnix Holidays a été mis sous administration judiciaire et sa direction est, depuis, injoignable.