Ça tousse aux urgences pédiatriques

Florence Roux

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Le phénomène, certes, est saisonnier, mais il n'en est pas moins préoccupant. La fin d'année a été marquée selon la Cellule de l'Institut de veille sanitaire en région (CIRE) par une hausse des urgences pédiatriques. En cause, d'abord, la bronchiolite, qui a généré à Grenoble comme en Rhône-Alpes un pic de consultations de nourrissons aux urgences du CHU et à SOS Médecins une semaine avant Noël. « Depuis, il y a une décroissance légère, mais ça reste une épidémie », estime le Dr Catherine Llerana, pneumopédiatre au CHU. A SOS Médecins, dont 80 % des consultations pédiatriques ont lieu dans son centre d'Echirolles, le Dr Richard Langlois parle, lui, « d'une épidémie modérée. A présent, c'est la gastro-entérite qui monte en puissance, peut-être favorisée par le brassage des populations pour les fêtes. » C'est ainsi lors du dernier mois de l'année que le réseau isérois enregistre sa plus forte activité (1 600 visites et 3 637 consultations en décembre 2010). « Beaucoup de médecins ferment à Noël, analyse le Dr Langlois. Ceux qui restent sont débordés, comme nous ! »

Priorité à l'hygiène
Les virus, eux, ne baissent pas la garde. La gastro-entérite progresse et, après une première vague, la bronchiolite pourrait bien repartir avec le retour en crèche des tout-petits. Premier remède : la prévention. Quand on est malade, il faut éviter le contact physique direct ou indirect avec les enfants. Il favorise la diffusion de ces deux pathologies pour lesquelles le mot d'ordre est l'hygiène. « L'an dernier, remarque le Dr Llerena, la peur de la grippe avait incité beaucoup de parents enrhumés à se nettoyer les mains au gel hydroalcoolique et à porter un masque avant d'approcher leur enfant. Une bonne habitude ».

Bronchiolite contagieuse

La bronchiolite affecte chaque année 460 000 nourrissons. En cause, le plus souvent : le virus respiratoire synctial. Très contagieux, il survit 30 minutes sur la peau, six heures sur le linge et sévit d'octobre à avril.