Sursis précaire avant l'expulsion

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Devant le 14 rue Mallifaud, les Roms et quelques militants de La Patate Chaude font les cent pas. Depuis samedi, une quarantaine de Roms d'ex-Yougoslavie, évacués la veille du squat de la rue Germain, ont trouvé refuge dans cette maison vide, cachée par d'épais feuillages. Tous redoutent une expulsion imminente. Les fourgons de police passent d'ailleurs régulièrement dans la rue, semblant guetter le moment opportun.
Le matin même, les familles roms ont été éconduites au siège de La Relève qui, selon un membre de La Patate Chaude, « leur avait pourtant promis des solutions au cas par cas. Nous dénonçons l'attitude de La Relève qui a appelé la police et refusé l'hébergement d'urgence, normalement inconditionnel. » « Faux, rétorque Alain Bila, directeur de La Relève. Nous n'avons jamais dit aux Roms de la rue Germain que nous pouvions les héberger. Nous avions la liste : seuls deux ménages rentraient dans ce cadre mais, comme l'a dit la préfecture, 90 % d'entre eux étaient déboutés du droit d'asile. Les forces de l'ordre sont donc intervenues pour ramener le calme mais sans aucune interpellation. » Le soir, rien n'a bougé rue Mallifaud. « Mais des policiers en civil sont passés : on sera expulsé d'ici la fin de semaine. »M.P.