Les Roms de la rue Germain expulsés

Manuel Pavard

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Tout est allé très vite, vendredi matin. Depuis début juin, une centaine de Roms, originaires d'ex-Yougoslavie, occupent une maison vide, au 8 rue Germain. Sous le coup d'une expulsion prononcée le 13 octobre, ils ont néanmoins obtenu un délai, jusqu'à fin décembre. Celui-ci est pourtant parti en fumée en quelques heures. Vers 10 h 30, un feu de cheminée mal maîtrisé nécessite l'intervention des pompiers. Selon les témoins, membres du collectif La Patate Chaude, « l'incendie est très vite circonscrit. Mais curieusement, le dispositif de police était déjà prêt, tout comme l'entreprise qui devait murer la maison. Les policiers ont empêché les Roms de rentrer et les ont emmenés à l'hôtel de police pour un contrôle d'identité. Là, certains, destinataires d'une obligation de quitter le territoire français, sont envoyés en centre de rétention à Lyon pendant que les autres sont relâchés. »

Nouveau squat provisoire
Débute alors une longue errance, narrée par Yvon Sellier, de la Patate Chaude : « Dans la soirée, une quarantaine de Roms se sont rendus au Drac Ouest, à Fontaine, pour y passer la nuit. La police nous y attendait et, suite au refus des élus fontainois, les a renvoyés à Grenoble par le tram. Ils ont fini par s'entasser dans une maison vide, samedi, près de la MC2. » Deux familles devraient être hébergées aujourd'hui à l'hôtel par le conseil général, La Relève cherchant d'autres solutions. Contactée hier par 20 Minutes, la préfecture n'a pas été en mesure de s'exprimer.

Agressions et intimidation

Selon La Patate Chaude, « des hommes cagoulés ont tiré sur la maison dans la nuit du 26 au 27 et sont revenus lundi soir, menaçant les occupants avec des battes de base-ball. » Une plainte a été déposée et un numéro de plaque relevé. L'association accuse aussi la police d'avoir « aspergé de gaz lacrymogène le nouveau squat samedi. »