Sans carte monéo, pas de tarif étudiant au resto « U »

Manuel Pavard

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Placardées dans tous les restaurants universitaires du Crous de Grenoble, des affiches avertissent les clients. Depuis la rentrée, la carte Monéo est obligatoire pour bénéficier du tarif étudiant sur les repas. Julie, étudiante en licence pro aménagement paysager, en a ainsi fait l'expérience en début d'année. « Nous étions plusieurs à manger à la cafétéria de biologie sans avoir encore la carte Monéo. On ne pouvait pas choisir de formule mais juste prendre à la carte, ce qui nous revenait à 50 centimes ou un euro de plus. »
Une différence que confirme une agent de service du resto U L'Entracte : « Avec Monéo, la formule frites-saucisses-yaourt coûte 3,05 €. Un étudiant sans carte paiera environ 3,50 €. En plus, ça nous facilite le travail. » Un argument repris par la directrice du Crous, Catherine Miaux : « C'est plus simple pour les étudiants comme pour les agents, qui n'ont plus d'espèces à manipuler. Je ne vois vraiment pas le problème, d'autant que la carte est gratuite. »
Tous ne partagent pourtant pas son enthousiasme. Jérome, du collectif Libeludd, dénonce ainsi un risque de « fichage généralisé. A terme, l'université envisage d'intégrer Monéo à une carte d'étudiant électronique, équipée d'une puce RFID. On pourra savoir à quelle heure on mange, quels bouquins on lit, où l'on était à telle heure. » Il craint aussi « l'aseptisation et la déshumanisation de la fac, quand on n'aura plus qu'à cliquer sur un terminal. » Huseyin Ozdemir, délégué CGT du Crous, acquiesce : « On aura moins besoin de personnel et les effectifs pourront être réduits. »

depuis 2008 à la Fac

Le Crous a passé un contrat en 2008 pour s'équiper de Monéo, ce porte-monnaie électronique créé par un consortium de dix banques. A Grenoble, c'est CIC qui a obtenu le marché. Monéo est obligatoire, et gratuite, dans les restos U depuis le 1er octobre.