Les usagers du TER se sentent floués

Manuel Pavard
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   Le dernier comité de ligne Grenoble-Valence s'est tenu dans un climat agité le 9 novembre, à Alixan. La confirmation de la fermeture pendant un an de la ligne - utilisée par 6 900 voyageurs chaque jour - a en effet suscité la grogne des usagers. Les trains seront ainsi supprimés entre Valence et Moirans de décembre 2012 à décembre 2013, en raison des travaux d'électrification et de raccordement du sillon alpin sud à la LGV (Ligne à grande vitesse). « Au début, Réseau Ferré de France (RFF) avait annoncé une interruption de neuf mois entre Saint-Marcellin et Tullins, précise Yves Gimbert, président de l'ASULGV (Association des usagers de la ligne Grenoble-Valence). Nous n'étions pas contre, à condition qu'un TER mène de Tullins à Grenoble. Or nous avons appris que le transbordement car-train se ferait en gare de Moirans, plus difficile d'accès. » 

 Accès difficile à Grenoble
L'ASULGV conteste surtout l'intérêt du raccordement du sillon alpin à la LGV : « 38 millions d'euros pour deux TGV par jour ! » Pour Caroline Le Gellec, de RFF, « pas question de revenir sur une convention déjà signée. » Alors que certains usagers préféreraient plusieurs coupures estivales, RFF affirme « ne pas pouvoir les étaler dans le temps, vu les baisses de crédits et de délais », la Région ayant avancé d'un an la fin des travaux. Les voyageurs devront donc prendre le car : « Le temps de parcours Valence-Grenoble sera doublé, note Yves Gimbert. Avec les travaux des trams B et E et ceux de l'A480, ce sera l'enfer pour entrer à Grenoble ! » 

Le raccordement à la LGV fait débat

Le raccordement du sillon alpin à la LGV doit relier Annecy à Marseille via Grenoble en TGV pour fin 2013. Pour l'ASULG, il n'a aucun intérêt, les correspondances étant suffisantes à Valence TGV. L'association craint surtout que plusieurs trains inter-cités ne soient supprimés, les TGV circulant aux mêmes horaires de pointe que les TER.