Grenoble

L'accueil d'urgence saturé

Social Les associations pointent les insuffisances du dispositif hivernal

«Un an après, rien n'a évolué. La situation s'est même dégradée. » Laurence Bobo, responsable du 115 en Isère, est amère. L'hiver dernier, les associations avaient déjà alerté l'opinion et les pouvoirs publics sur la saturation de l'accueil d'urgence. Elles renfourchent cette année leur cheval de bataille mais l'ampleur de la tâche est immense. « Le 115 reçoit une cinquantaine de demandes d'hébergement par jour, pour seulement deux ou trois réponses positives, déplore la responsable. On n'a même parfois aucune possibilité sur le département. » L'équation est malheureusement implacable : une offre largement inférieure aux besoins.

Au moins 700 personnes à la rue
« On estime qu'il y a aujourd'hui près de 700 personnes à la rue ou dormant dans des squats, tentes ou baraquements, affirme-t-elle. Un chiffre peut-être sous-évalué car le 115 est confronté à un phénomène de non-recours. Beaucoup n'appellent plus à cause du manque de places, idem pour les Roms qui n'ont souvent pas ce réflexe. » Or, le dispositif hivernal « ne prévoit que 220 places », selon Daniel Hugon, président du Secours Catholique de l'Isère. Reçues à ce sujet par le préfet jeudi dernier, les associations ont claqué la porte de la réunion. « Pour nous, le nombre de places est insuffisant et nous n'avons pas eu de garanties sur plusieurs points. D'abord, la notion de continuité : les gens ne doivent pas sortir le matin pour rentrer le soir. Ensuite, l'inconditionnalité de l'accueil : en période hivernale, toute personne doit être mise à l'abri, quelle que soit sa situation administrative (y compris les déboutés du droit d'asile). Enfin, ces structures d'hébergement ne prévoient pas d'accompagnement social ni d'aide alimentaire. La journée, on aura donc un engorgement dans les accueils de jour. » Une autre réunion est prévue le 8 novembre à la préfecture. Contactée, celle-ci n'a pas souhaité s'exprimer.

Plan hivernal

La préfecture doit débloquer une centaine de places pour les demandeurs d'asile dans un lieu d'accueil collectif, d'autres places étant gérées par la Relève ou l'Adate. 40 à 60 personnes seront aussi hébergées à Pont-de-Claix par la DDCS.