La baisse des moyens se fait déjà sentir

Manuel Pavard

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Entre 1 700 (selon la police) et 3 000 manifestants (selon les organisateurs) ont défilé hier après-midi, de la gare au rectorat, pour protester contre les suppressions de postes dans l'Education nationale. Enseignants du public et du privé - réunis, une fois n'est pas coutume -, chefs d'établissements, techniciens, personnels administratifs… Tous ont exprimé « leur ras-le-bol » face à la baisse des moyens qu'ils ressentent déjà sur le terrain.

Illustration au quotidien
Au lycée Argouges, l'actualité récente - une intrusion inquiétante lundi (voir encadré), « illustre ainsi la réalité des restrictions budgétaires », selon Jean-Paul Martenot (SNES), professeur de sciences physiques : « Hier après-midi, nous avons demandé au rectorat quatre postes d'assistant d'éducation supplémentaires car, avec les travaux actuels, le lycée est ouvert aux quatre vents. On nous a répondu qu'il n'y avait pas d'enveloppe. On a aussi un poste de documentaliste en moins et le CDI n'est plus ouvert toutes les demi-journées. » Même constat d'amertume chez les « Mounier », qui fêtaient hier le premier anniversaire de leur mouvement. « On a obtenu un sursis mais on a perdu trois secondes et les BTS, note Bernard Curt-Patat, professeur d'anglais. Quant aux profs, ils ont été ‘‘dispatchés'' sur plusieurs lycées. » « Les personnels d'entretien sont passés de 18 à 9, ajoute Matheos Kaoutsos, agent TOS. On est inquiet mais on se battra pour que Mounier survive. »

Intrusion au lycée argouges lundi

Plus de la moitié des professeurs du lycée Argouges ont exercé leur droit de retrait lundi après l'intrusion, vers 9 h, de deux hommes éméchés et agressifs dans les salles de classe. Ces derniers ont semé le désordre pendant une demi-heure avant de prendre la fuite. Une délégation d'enseignants s'est rendue au rectorat dans l'après-midi.