Une école de Saint-Égrève mobilisée pour ses élèves

Manuel Pavard

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Ils se sont tous donné rendez-vous devant l'entrée de l'établissement hier soir : enseignants, parents, élèves… Depuis la rentrée, toute l'école de Prédieu se mobilise en effet pour soutenir Medina, Ramiza, Selda et Unal, les quatre enfants de la famille Davudovski, scolarisés à Saint-Egrève. L'objectif est clair : éviter que ces élèves et leurs parents, demandeurs d'asile macédoniens, ne se retrouvent à la rue au soir du 15 septembre.

Droit à l'éducation
« La famille, arrivée en 2010 à Saint-Egrève, a vu sa demande d'asile refusée par l'Ofpra et a donc reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) en novembre 2010, explique Philippe Goubaud, professeur des écoles et membre du collectif Réseau éducation sans frontières. Depuis, elle était hébergée par l'association La Relève, qui, le 15 août, leur a demandé de quitter le logement pour le 15 septembre au plus tard. » Aussitôt, le soutien s'organise, l'opinion et les élus sont alertés. Une pétition auprès des parents recueille ainsi 212 signatures. Venu récupérer les clés du logement hier matin, Alain Bila, directeur de la Relève, se fait éconduire par le collectif. « C'est la loi, se défend-il. Les familles ayant reçu une OQTF n'ont plus accès à l'hébergement. Maintenant, j'ai averti la préfecture et ce n'est plus de mon ressort. » Philippe Goubaud « revendique, lui, le droit à l'éducation. Les enfants qui sont sur le territoire doivent pouvoir étudier sereinement. En plus, ces élèves ne sont jamais absents et ont un bon niveau scolaire. »

Que dit le préfet ?

Pour la Préfecture, « le statut de cette famille est incompatible avec un hébergement financé par l'Etat. Le nombre de places pour les demandeurs d'asile est passé de 400 début 2010 à 1 200 aujourd'hui. Mais on est arrivé au bout de nos capacités d'accueil. »