Vives inquiétudes autour des Ruines de Séchilienne

Benoit Pavan

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2004 : éboulement sur la RN 91.
2004 : éboulement sur la RN 91. — L. CASSAGNE / IRMA

L'effondrement des ruines de Séchilienne, que l'on sait inévitable depuis plus de 20 ans, pourrait bien advenir plus vite que prévu. Hier, la Commission locale d'analyse et d'information sur le risque de Séchilienne (Clairs) a révélé, en effet, une évolution « inquiétante » du risque de glissement de terrain constatée au cours des derniers mois. « Sur la centaine de capteurs que comporte le site, dix se déportent aujourd'hui de plus de 2 mètres par an contre 60 centimètres en 2002, explique Pierre Potherat, l'un des experts. La sensibilité du site avait évolué en 2004 et 2009. Elle s'est de nouveau nettement accrue cette année ».

Freins politico-administratifs
Selon les spécialistes, la roche très friable du massif serait aujourd'hui beaucoup plus sensible à la pluie, mais des mouvements sont désormais constatés aussi lorsqu'il ne pleut pas.
Face à cet état des lieux préoccupant, les autorités ont décidé d'accélérer de la mise en place de deux projets censés réduire l'impact d'un éboulement sur les communes environnantes : le renforcement du lit de la Romanche et la création de digues pour absorber les crues provoquées et la construction d'une route de 3,6 km sur le versant qui fait face au site. Coût estimé de l'opération : 55 millions d'euros. Problème : pour la route, les fonds manquent et la construction des parades hydrauliques n'est pas envisageable avant fin 2012 pour des raisons administratives et politiques. Et à Séchilienne, trois familles refusent toujours de quitter leur logement.

Un éboulement fragmenté ?

Si le pire des scénarios envisagé prédit un éboulement de 3 millions de m3 de roche et d'importantes inondations en amont et en aval de la vallée, les experts penchent plutôt pour un glissement de terrain fragmenté