Et La terre trembla virtuellement

Manuel Pavard

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Les élèves de l'école Elisée-Chatin se sont réfugiés 3 minutes sous les tables tandis qu'à la Préfecture, les scénaristes de l'exercice relayaient les informations.
Les élèves de l'école Elisée-Chatin se sont réfugiés 3 minutes sous les tables tandis qu'à la Préfecture, les scénaristes de l'exercice relayaient les informations. — M.Pavard/P.Turenne/Pleins Titres

Hier matin, 8 h 30. Le préfet convoque en urgence un point presse. Un séisme de magnitude 6 sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre est situé aux Adrets, dans la vallée du Grésivaudan, vient de frapper le bassin grenoblois. Devant les dégâts subis par la préfecture, Eric Le Douaron décide de transférer le COD (centre opérationnel départemental) à Voiron. Très vite, les premières nouvelles affluent au PC de crise : la barrière de péage de Crolles s'est effondrée ainsi que plusieurs bâtiments (école à Villard-Bonnot, maison de retraite à Domène), un train Chambéry-Grenoble a déraillé… À midi, un premier bilan provisoire fait état de 22 personnes décédées. Tel est le scénario catastrophe imaginé par la préfecture hier. L'exercice, baptisé « Richter 38 », consiste à « simuler les événements qui surviendraient lors d'un tremblement de terre, explique Guy Serreau, chef du bureau du SIDPC (Service interministériel départemental de la protection civile). On doit mettre en sûreté la population, mobiliser les secours, organiser les déblaiements… 55 communes et 500 000 habitants sont concernés. »

Les élèves à l'abri sous les tables
Tous les établissements scolaires de la zone touchée ont participé à la simulation. Les 443 élèves de l'école Elisée-Chatin, à Grenoble, ont ainsi appliqué les consignes transmises la veille. « Quand l'alarme a sonné, on s'est mis à l'abri sous les tables et on a compté trois minutes, racontent Giacomo et Marceau, 6 ans, en classe de CP. Après, on est sorti dans la cour. » « Trois minutes, c'est le temps moyen d'une secousse, précise Nathalie Davignon, leur institutrice. Les enfants ont eu également trois minutes pour se regrouper à l'extérieur car le bâtiment pouvait s'écrouler. Là, chaque enseignant a compté ses élèves. » « En situation réelle, la protection civile aurait ensuite pris le relais, note le directeur, M. Maugiron, qui se félicite du calme dont ont fait preuve les enfants. » Pour Nathalie Dauvignon, « cet exercice est d'autant plus utile qu'il permet de mettre à jour le vocabulaire : séisme, tsunami, plaques tectoniques… » Bilan positif sur toute la ligne, donc !