verdict prévu aujourd'hui dans le Procès de Mourad J.

Benoit Pavan

— 

C'est un éprouvant marathon judiciaire de huit jours qui doit prendre fin ce lundi au palais de justice de Grenoble. La cour d'assises de l'Isère doit en effet rendre son verdict aujourd'hui dans l'affaire Mourad J., cet ingénieur et père de famille de 38 ans suspecté d'avoir commis une vingtaine de viols et d'agressions sexuelles à Grenoble entre 2005 et 2007.
Vendredi, l'avocat général Jean-Pierre Nahon a prononcé un réquisitoire sans complaisance envers Mourad J., qui n'est selon lui pas « ce bon père de famille que la défense va tenter de présenter. (…) C'est cet être froid et cynique, dont la personnalité transpire le calcul et la manipulation. C'est ce prédateur sexuel à l'affût de ses proies » a-t-il ajouté.

Récidive « très probable »
Au terme de près de deux heures de réquisitoire, le magistrat a demandé à ce que soit prononcée à l'encontre de Mourad J. une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté de deux tiers, soit treize ans et demi pendant lesquels le violeur présumé ne pourra pas bénéficier de remise de peine.
Jean-Pierre Nahon a également réclamé une obligation de soins de 10 ans pouvant occasionner jusqu'à 7 ans de prison s'il ne s'y soustrayait pas. « Toute autre peine ne serait pas comprise, pas crédible ni efficace. L'essentiel, c'est sa dangerosité et la très probable potentialité de la récidive. Une peine supportable pour l'accusé, c'est une peine révoltante pour les victimes. La gravité des faits invite à la sévérité de la peine », a-t-il poursuivi.
Auparavant, les avocats des victimes s'étaient présentés un à un devant la cour pour plaider. « J'ai cherché un mot pour définir l'accusé », avait alors relaté l'un d'entre eux. « Je n'en ai trouvé qu'un : le mal ». Puis, après s'être tourné vers le box, il avait asséné : « C'est peut-être un peu méprisant, mais malgré vos brillantes études, vous êtes un raté. Vous avez raté votre vie ».

Des actes prémédités ?

Au cours de leurs plaidoiries, les avocats des victimes ont pointé du doigt les arguments contradictoires présentés par l'accusé tout au long du procès pour tenter d'expliquer que certains de ses actes n'étaient pas prémédités.« La préméditation résulte du fait qu'il sortait pour agresser, armé jusqu'aux dents », a tranché l'avocat général.