Arkema exclut le mercure

Véronique Vigne-Lepage

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La participation de l'Etat permettra de réduire le périmètre des contraintes d'urbanisme.
La participation de l'Etat permettra de réduire le périmètre des contraintes d'urbanisme. — DR

La Commission européenne a donné jeudi son feu vert à l'attribution par l'Etat d'une subvention de 40 millions d'euros à Arkema Jarrie. Il s'agit d'une participation à l'investissement de 100 millions d'euros nécessaire à l'industriel pour rendre l'usine chimique moins dangereuse. Le projet a été lancé dans le cadre du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) du site, approuvé par le préfet fin décembre.

500 logements épargnés
Ce document exigé depuis l'accident d'AZF, pour les entreprises les plus « à risques », élève les contraintes d'urbanisme autour de l'établissement : selon la distance, cela va de l'obligation de renforcer le bâti jusqu'à l'interdiction de toute construction. Les études avaient abouti à la définition d'un périmètre de 3,8 km. « Cela signifiait la destruction des 500 logements du quartier de Basse-Jarrie : c'était impensable ! », lance Raphaël Guerrero, maire de la commune. L'Etat a donc demandé à Arkema de réduire le risque à la source, ce qui permet de limiter le périmètre à 800 m. « D'ici à 2016, explique Chantal Degrendèle, directrice de l'usine, nous allons remplacer le mercure par un procédé à membrane, réduire la capacité de production de chlore, créer une unité de production d'hydrogène, arrêter celle de dichloréthane et renforcer la sécurité des installations… sans licenciement ». Pour Raphaël Guerrrero, « un tel investissement, soutenu en plus par l'Etat, c'est rassurant ! ».

20 500 habitants concernés

Ce PPRT est l'un des plus complexes de France : les risques, toxiques, thermiques et de surpression, concernent actuellement 20 500 habitants sur 14 communes. Le site est aussi soumis aux risques sismiques, d'inondation, d'éboulement et de rupture de barrages. En Isère, 12 autres PPRT sont en cours d'élaboration.