Lendemains difficiles pour les saisonniers

Manuel Pavard

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Aux 2 Alpes, les saisonniers n'ont pas pâti du manque de neige.
Aux 2 Alpes, les saisonniers n'ont pas pâti du manque de neige. — F. SCHEIBER / 20 MINUTES

On parle moins d'eux que des vacanciers ou des professionnels du tourisme. Pourtant, dans les petites stations, le manque de neige et la faible fréquentation ont fait d'autres victimes : les saisonniers. Qu'ils soient perchman, serveur, loueur de skis, beaucoup ont connu une saison tronquée et se préparent à des lendemains difficiles.

Mieux lotis dans l'Oisans
Fabienne est employée aux remontées mécaniques de Gresse-en-Vercors : « Les contrats se sont finis le 13 mars, ce qui fait une semaine de salaire en moins par rapport à une année normale. Sur 34 salariés, 25 se sont retrouvés en chômage partiel. » Constat identique à Saint-Pierre-de-Chartreuse, « cas emblématique » selon Antoine Fatiga, syndicaliste CGT : « Là-bas, les saisonniers ont travaillé moins de huit semaines depuis le début de saison, et toujours en chômage partiel, c'est-à-dire pour 1 200 ou 1 300 €. Le retour de la neige a relancé un peu les embauches pour les vacances mais de nombreux salariés ont perdu 50 % de leur rémunération. » « Vu le budget “bouffe“ en station (près de 300 € par mois) et le prix des logements, je n'ai pas économisé autant que d'habitude », ajoute Eric, barman à Villard-de-Lans. David, serveur aux 2 Alpes, n'a pas ces problèmes. « Ici, on a eu du monde toute la saison, assure ce Grenoblois de 32 ans. Mon contrat a débuté début décembre et se finit le 2 mai. Je gagne 1 800 €, voire 2 000 avec primes et pourboires, et je suis logé. Je repartirai les poches pleines et j'arrive même à faire la fête ! » Beaucoup aimeraient être à sa place…

Des rémunérations en baisse ?

La CGT a mené une enquête sur les revenus déclarés aux impôts par les saisonniers. « Les rémunérations baissent d'année en année, souligne Antoine Fatiga. Les saisons et les contrats sont moins longs et les charges (logement, courses) augmentent. » Il préconise donc de sécuriser les emplois saisonniers, notamment par un contrat à l'année.